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Retour de la France dans le Commandement de l’OTAN


La France est l’un des membres fondateurs de l’OTAN.

Malgré cela, le 7 mars 1966, le général De Gaulle, alors président de la République française, annonce dans une lettre adressée au président américain, Lyndon B. Johnson, le retrait de la France de la structure militaire de l’OTAN.”La France, écrit-il, se propose de recouvrer sur son territoire l’entier exercice de sa souveraineté, actuellement entravé par la présence permanente d’éléments militaires alliés ou par l’utilisation qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements intégrés et de ne plus mettre de forces à la disposition de l’OTAN.“

Cette décision s’inscrit en fait dans la volonté de doter la France d’une « politique de défense indépendante », lui permettant de s’émanciper de la tutelle de l’OTAN.

On peut donc dire, qu’à partir de 1966 la France n’est pas membre de l’OTAN, mais reste membre de l’Alliance atlantique, ce qui n’a pas la même signification puisque les Américains ne peuvent plus agir sur les forces de l’armée française.

En 1996, le Président Jacques Chirac modifie tout cela en autorisant un représentant français au comité militaire.

Il engage donc une politique de modernisation de notre système de défense. Fort de l’expérience de la guerre froide, de la guerre du golf et du conflit bosniaque, il prend d’importantes décisions telles que : « professionnalisation des armées, développement des capacités de projection, modernisation de notre dissuasion et volonté de pleine participation aux structures de l’Otan ».

L’entrée dans l’Otan ne s’est pas effectuée à cette époque parce que le partage des forces avec les Américains n’était pas équitable, et c’était effectivement un choix valable.

En 2009, dans un souci de vouloir éclairer l’opinion, Nicolas Sarkozy veut informer les Français sur la réalité du terrain. En tant que membre fondateur de l’OTAN, il est important de savoir que nous ne l’avons jamais quittée.

« Elle est et reste un élément central de notre politique de défense et de sécurité, avec un engagement fondamental : celui de l'assistance mutuelle en cas d'agression. Et ce n'est certainement pas les Français qui vont s'inquiéter d'avoir un accord avec les Etats-Unis au cas où nous serions agressés, alors que les Américains sont venus nous sauver deux fois ! »

« Nous n'avons aucun poste militaire de responsabilité. Nous n'avons pas notre mot à dire quand les Alliés définissent les objectifs et les moyens militaires pour les opérations auxquelles nous participons !

On envoie des soldats sur le terrain, et on ne participe pas aux comités qui définissent une telle stratégie ! Et tout ceci de notre propre fait, car nous nous excluons nous-mêmes. L'OTAN est la seule organisation internationale du monde où la France ne cherche pas à être présente et influente !».

« …Naturellement, nous allons conserver notre dissuasion nucléaire indépendante. Et nous conserverons notre liberté d'appréciation sur l'envoi de nos troupes. Et nous ne placerons pas de contingent en permanence sous commandement allié en temps de paix ».

Jouant la carte de la « transparence des décisions qu’il assume », Nicolas Sarkozy estime à juste titre que la France doit réintégrer l’OTAN.

En tant que « chef des armées et garant de la défense des intérêts vitaux et de la sécurité de la France », Nicolas Sarkozy est « responsable des choix stratégiques de la nation », et à ce titre il est temps de remettre en cause nos habitudes.

Pour le président, il s'agit de « co-diriger » plutôt que de « subir » une stratégie définie par d'autres.

« Notre participation (...) permettra d'accroître notre influence et de renforcer le point de vue européen au sein de l'Alliance », a renchéri M. Kouchner.

Nous le constatons au quotidien, les conditions de sécurité ont radicalement changé, la crise financière mondiale est une preuve flagrante qu’un changement brutal peut avoir lieu du jour au lendemain.

Alors oui, il n’existe plus aucune menace d’invasion militaire en France mais nous devons faire face à de nouvelles menaces comme par exemple le terrorisme.

La défense de la France se fait, « non seulement sur son territoire mais aussi à des milliers de kilomètres ».

Dorénavant en 2009, il faut tirer les conséquences de tout notre passé, et faire avec les évolutions du monde actuel mais « avec le même objectif historique dans le respect de notre indépendance et autonomie stratégique ».

Aucun état au monde ne peut imposer seul son point de vue ! Personne ne peut avoir suffisamment d’influence s’il reste tout seul.

Pour être influant et pris au sérieux, nous devons disposer d’une « diplomatie forte, d’une défense forte et d’une Europe forte avec des alliés sûrs ».

La France propose et innove. « La France veut la paix, la liberté et elle sait qui sont ses amis et alliés ». La France a un rôle capital dans les questions de sécurité et de défense en Europe.

Souvenez-vous, lors de la présidence française de l’union européenne…« La crise géorgienne de l'été 2008 a rappelé au monde la capacité d'initiative de la France et de l'Europe. Ce que nous avons entrepris alors, le dialogue difficilement renoué par le président de la République entre pays en guerre, c'est à l'Europe que nous le devons, à la solidité de nos alliances et à notre capacité à entraîner nos partenaires, malgré des divergences, dans un mouvement commun ».

Les Etats-Unis eux-mêmes, que certains accusaient hier d'être une hyper-puissance égoïste et aveugle, se tournent désormais vers l'Europe pour partager une responsabilité inévitablement collective.

Ainsi en réintégrant pleinement l'Alliance, la France ne sera plus considérée avec suspicion par les Etats-Unis. Elle améliorera son dialogue avec la superpuissance mondiale et aura plus de possibilités d'influencer les décisions prises à Washington.

La France est déjà à 90% dans l'Alliance (dans 36 comités sur 38) et elle est l'un des principaux contributeurs en hommes et en financement à ses opérations (Bosnie, Kosovo et Afghanistan). De plus, sa coopération militaire quotidienne est déjà très développée avec l'Alliance depuis une dizaine d'années.

La France gagnera en influence sur les décisions et sur la conduite des opérations. Avec plus de postes, ses militaires pourront mieux agir en amont dans la planification des missions (l’industrie d'armement française pourrait aussi en tirer profit), et nous serons mieux placé pour faire avancer l'Europe de la Défense.

Alors pour ou contre? Je pense qu'il est préférable de participer à la mise en place d'une stratégie que d'être le pion que l'on déplace sur la carte au bon vouloir des autres afin de respecter notre alliance. Il faut ensuite que l'OTAN redéfinisse clairement ses ambitions et enfin que l'Europe prenne acte de la bonne foi de la France pour l'Europe de la défense.

A ce jour, j’adhère aux propos de Bernard Kouchner qui précise : « Il s'agit d'un choix qui engage l'identité de notre nation. Un choix d'alliance et de valeurs. Et davantage encore le choix d'un destin ».

Henri Baillavoine

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