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    Quand nous partions en campagne contre le baron…

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    "Ungern-Sternberg était un fanatique, un mystique et un rêveur d'un type très rare en nos temps modernes, de plus soldat chevaleresque, un gentleman sans peur, dont l'image personnelle peut à peine être tâchée par son régime sanglant. Dans l'imagination populaire, Ungern-Sternberg a laissé une très forte impression. En de nombreuses soirées passées chez des paysans de la Sibérie orientale, j'ai entendu des contes qui commençaient ainsi : "kak my na barona pochli…" (quand nous partions en campagne contre le baron…) et qui décrivaient quelques épisodes de la légende attachée à son nom. À Nowo-Nikolajewsk, je rencontrais plus tard un docteur qui avait été le témoin du procès et de l'exécution du baron et qui me décrivit l'impression que son attitude intrépide et sa personnalité fascinante avaient fait sur les juges rouges. Même dans les motifs de la condamnation, ils ne purent s'empêcher de prononcer quelques mots d'estime personnelle ressentie pour cet adversaire singulier. À l'exception de ses méthodes sanguinaires et l'impression qu'elles laissèrent en Asie centrale, lesquelles ont presque produit un grand bouleversement, on peut le considérer comme la réincarnation du plus grand idéaliste de la littérature mondiale, le noble chevalier Don Quichotte de la Manche. Mais ainsi il n'en fut qu'une figure purement de parodie. Néanmoins, il écrivit un des chapitres des plus effectifs et relativement des plus glorieux de la contre-révolution russe, qui dans l'ensemble est une histoire plutôt lamentable."

    Ruetger Essen (voyageur suédois), De la mer Baltique à l'océan Pacifique, Stockholm, 1924.

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    Katyn

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    L'éditorial de Claude Imbert - Otan en emporte le vent !

    Le retour de la France dans les commandements militaires de l'Otan met fin à une longue hypocrisie. Elle était de marier-par postures, fla-flas et beaucoup de vent-un souverainisme archaïque avec une longue fidélité atlantique.

    La France était dans l'Otan sans y être ; elle y sera désormais vraiment. Elle n'y sera ni plus ni moins dépendante. On peut laisser de Gaulle reposer en paix.

    Car, bien sûr, le commandeur de Gaulle devient la caution posthume des chevaliers du statu quo. C'est lui, certes, qui avait décidé du retrait français, et des socialistes qui le lui avaient alors reproché invoquent aujourd'hui. .. son parrainage. En fait, il s'agissait en 1966 de préserver l'autonomie d'un programme nucléaire naissant, alors critiqué et contrarié sous cape par l'Amérique. Aujourd'hui, notre force de dissuasion s'est imposée et nul ne conteste sa pleine indépendance.

    De surcroît, contrairement à ce que l'on raconte, la France n'a pas quitté l'Otan mais seulement des comités de commandement militaire. En quarante-deux ans, elle est même devenue un de ses premiers contributeurs en hommes comme en financement. Elle a commandé en son nom au Kosovo et se bat en Afghanistan. La coopération militaire avec l'Amérique n'a cessé de croître, et jusqu'à des accords secrets touchant le nucléaire. Ajoutons qu'aucun Etat n'est contraint par l'Otan à se trouver engagé dans un conflit contre son gré : l'Allemagne, le Canada, membres à part entière de l'Otan, n'ont pas fait la guerre en Irak...

    En réalité, il devient incohérent, voire pénalisant, de maintenir une participation si importante à l'Otan et de renoncer à mieux y peser dans la décision et plus encore dans la conduite des opérations. C'est justement parce que l'Otan, depuis la fin de la guerre froide, vasouille, qu'elle hésite sur son avenir et sa stratégie, c'est parce que l'Alliance « a changé de nature et même d'ennemi » (1), c'est justement parce que ses objectifs en Afghanistan, par exemple, suscitent à bon droit le scepticisme qu'il est absurde d'y fuir des responsabilités disponibles.

    Reste, direz-vous, le symbole et son incontestable portée politique. Nous étions « pacsés » à l'Otan, le mariage annoncé suscite des cris d'orfraie. A la gauche qui dit non à tout. Mais aussi chez cette opposition rampante que couve le parti du président. Celle des gaullistes de la vieille école, celle du cénacle villepiniste toujours tenté par une certaine jactance anti-américaine. Celle enfin, plus surprenante, du centriste François Bayrou, en rupture avec sa famille démo-chrétienne. Faut-il y voir une ruade d'opposants forcenés ? Ou bien le refus d'un certain pari de la diplomatie française ?

    Quel pari ? Outre qu'il se fait sans risques avérés pour ce qui reste de notre « indépendance nationale », Sarkozy exploite deux faces de l'actuelle conjoncture.

    D'abord, l'Amérique, diminuée par ses responsabilités écrasantes dans la crise financière, n'est plus celle de Bush ni même celle de ses prédécesseurs. L'élection d'Obama ne fait que magnifier une rupture qui se fût imposée sans lui. Elle lui enjoint de quitter une prétention unilatérale dévaluée par le train de l'Histoire.

    Ensuite, il est vain de prétendre conduire une politique européenne de défense hors du parapluie américain. L'Europe n'en a ni la volonté commune ni les moyens. De surcroît l'Amérique-et déjà depuis Bush-ne met plus de frein à l'édification d'un pilier européen de défense. Mais surtout nos partenaires européens ne veulent pas le voir découplé de l'Otan. Et, au contraire, la décision française dissipe les soupçons empoisonnés d'anti-américanisme qui n'ont que trop miné notre diplomatie en Europe.

    L'Alliance atlantique est bancale : une jambe américaine trop longue, une européenne trop courte. Alors qu'aucun conflit intraeuropéen ne menace, l'essentiel est que l'Europe-sur 26 membres de l'Otan, 21 sont européens-élargisse son influence non pas contre l'Amérique, mais au sein de l'alliance commune.

    En avril, au G20 de Londres, pour aborder la redoutable adversité de la crise mondiale, l'Europe, aux côtés des nouveaux grands de la planète, plaidera d'abord pour une profonde régulation financière. Cette priorité fait tiquer à Washington les vestales du marché infaillible qui lui préfèrent la défonce à tout-va de la relance. Mais les créditeurs chinois s'inquiètent et déjà murmurent. L'Amérique n'aura pas les coudées si franches. Dans le débat mondial, l'Europe retrouve un peu du crédit que l'Amérique a perdu. Cet espace que l'Europe conquiert dans l'ordre économico-financier, elle l'ambitionne au sein de l'Alliance. C'est le pari de Sarkozy : il y a peu à perdre et plus à gagner.

    1. « L'allié indocile », de Pierre Lellouche (éditions du Moment).

    Le Point N°1905 19/03/2009

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    Retour de la France dans le Commandement de l’OTAN


    La France est l’un des membres fondateurs de l’OTAN.

    Malgré cela, le 7 mars 1966, le général De Gaulle, alors président de la République française, annonce dans une lettre adressée au président américain, Lyndon B. Johnson, le retrait de la France de la structure militaire de l’OTAN.”La France, écrit-il, se propose de recouvrer sur son territoire l’entier exercice de sa souveraineté, actuellement entravé par la présence permanente d’éléments militaires alliés ou par l’utilisation qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements intégrés et de ne plus mettre de forces à la disposition de l’OTAN.“

    Cette décision s’inscrit en fait dans la volonté de doter la France d’une « politique de défense indépendante », lui permettant de s’émanciper de la tutelle de l’OTAN.

    On peut donc dire, qu’à partir de 1966 la France n’est pas membre de l’OTAN, mais reste membre de l’Alliance atlantique, ce qui n’a pas la même signification puisque les Américains ne peuvent plus agir sur les forces de l’armée française.

    En 1996, le Président Jacques Chirac modifie tout cela en autorisant un représentant français au comité militaire.

    Il engage donc une politique de modernisation de notre système de défense. Fort de l’expérience de la guerre froide, de la guerre du golf et du conflit bosniaque, il prend d’importantes décisions telles que : « professionnalisation des armées, développement des capacités de projection, modernisation de notre dissuasion et volonté de pleine participation aux structures de l’Otan ».

    L’entrée dans l’Otan ne s’est pas effectuée à cette époque parce que le partage des forces avec les Américains n’était pas équitable, et c’était effectivement un choix valable.

    En 2009, dans un souci de vouloir éclairer l’opinion, Nicolas Sarkozy veut informer les Français sur la réalité du terrain. En tant que membre fondateur de l’OTAN, il est important de savoir que nous ne l’avons jamais quittée.

    « Elle est et reste un élément central de notre politique de défense et de sécurité, avec un engagement fondamental : celui de l'assistance mutuelle en cas d'agression. Et ce n'est certainement pas les Français qui vont s'inquiéter d'avoir un accord avec les Etats-Unis au cas où nous serions agressés, alors que les Américains sont venus nous sauver deux fois ! »

    « Nous n'avons aucun poste militaire de responsabilité. Nous n'avons pas notre mot à dire quand les Alliés définissent les objectifs et les moyens militaires pour les opérations auxquelles nous participons !

    On envoie des soldats sur le terrain, et on ne participe pas aux comités qui définissent une telle stratégie ! Et tout ceci de notre propre fait, car nous nous excluons nous-mêmes. L'OTAN est la seule organisation internationale du monde où la France ne cherche pas à être présente et influente !».

    « …Naturellement, nous allons conserver notre dissuasion nucléaire indépendante. Et nous conserverons notre liberté d'appréciation sur l'envoi de nos troupes. Et nous ne placerons pas de contingent en permanence sous commandement allié en temps de paix ».

    Jouant la carte de la « transparence des décisions qu’il assume », Nicolas Sarkozy estime à juste titre que la France doit réintégrer l’OTAN.

    En tant que « chef des armées et garant de la défense des intérêts vitaux et de la sécurité de la France », Nicolas Sarkozy est « responsable des choix stratégiques de la nation », et à ce titre il est temps de remettre en cause nos habitudes.

    Pour le président, il s'agit de « co-diriger » plutôt que de « subir » une stratégie définie par d'autres.

    « Notre participation (...) permettra d'accroître notre influence et de renforcer le point de vue européen au sein de l'Alliance », a renchéri M. Kouchner.

    Nous le constatons au quotidien, les conditions de sécurité ont radicalement changé, la crise financière mondiale est une preuve flagrante qu’un changement brutal peut avoir lieu du jour au lendemain.

    Alors oui, il n’existe plus aucune menace d’invasion militaire en France mais nous devons faire face à de nouvelles menaces comme par exemple le terrorisme.

    La défense de la France se fait, « non seulement sur son territoire mais aussi à des milliers de kilomètres ».

    Dorénavant en 2009, il faut tirer les conséquences de tout notre passé, et faire avec les évolutions du monde actuel mais « avec le même objectif historique dans le respect de notre indépendance et autonomie stratégique ».

    Aucun état au monde ne peut imposer seul son point de vue ! Personne ne peut avoir suffisamment d’influence s’il reste tout seul.

    Pour être influant et pris au sérieux, nous devons disposer d’une « diplomatie forte, d’une défense forte et d’une Europe forte avec des alliés sûrs ».

    La France propose et innove. « La France veut la paix, la liberté et elle sait qui sont ses amis et alliés ». La France a un rôle capital dans les questions de sécurité et de défense en Europe.

    Souvenez-vous, lors de la présidence française de l’union européenne…« La crise géorgienne de l'été 2008 a rappelé au monde la capacité d'initiative de la France et de l'Europe. Ce que nous avons entrepris alors, le dialogue difficilement renoué par le président de la République entre pays en guerre, c'est à l'Europe que nous le devons, à la solidité de nos alliances et à notre capacité à entraîner nos partenaires, malgré des divergences, dans un mouvement commun ».

    Les Etats-Unis eux-mêmes, que certains accusaient hier d'être une hyper-puissance égoïste et aveugle, se tournent désormais vers l'Europe pour partager une responsabilité inévitablement collective.

    Ainsi en réintégrant pleinement l'Alliance, la France ne sera plus considérée avec suspicion par les Etats-Unis. Elle améliorera son dialogue avec la superpuissance mondiale et aura plus de possibilités d'influencer les décisions prises à Washington.

    La France est déjà à 90% dans l'Alliance (dans 36 comités sur 38) et elle est l'un des principaux contributeurs en hommes et en financement à ses opérations (Bosnie, Kosovo et Afghanistan). De plus, sa coopération militaire quotidienne est déjà très développée avec l'Alliance depuis une dizaine d'années.

    La France gagnera en influence sur les décisions et sur la conduite des opérations. Avec plus de postes, ses militaires pourront mieux agir en amont dans la planification des missions (l’industrie d'armement française pourrait aussi en tirer profit), et nous serons mieux placé pour faire avancer l'Europe de la Défense.

    Alors pour ou contre? Je pense qu'il est préférable de participer à la mise en place d'une stratégie que d'être le pion que l'on déplace sur la carte au bon vouloir des autres afin de respecter notre alliance. Il faut ensuite que l'OTAN redéfinisse clairement ses ambitions et enfin que l'Europe prenne acte de la bonne foi de la France pour l'Europe de la défense.

    A ce jour, j’adhère aux propos de Bernard Kouchner qui précise : « Il s'agit d'un choix qui engage l'identité de notre nation. Un choix d'alliance et de valeurs. Et davantage encore le choix d'un destin ».

    Henri Baillavoine

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    Etre humain

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    "Etre humain consiste essentiellement à ne pas rechercher la perfection, à être parfois prêt à commettre des péchés par loyauté, à ne pas pousser l’ascétisme jusqu’au point où il rendrait les relations amicales impossibles, et à accepter finalement d’être vaincu et brisé par la vie, ce qui est le prix inévitable de l’amour porté à d’autres individus."

    Georges ORWELL, Essais, articles lettres IV, Paris, Ivréa / L’encyclopédie des nuisances, 1995-2001, p. 559.