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    Utique

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    Utique (عُتيقة) est un site archéologique localisé à l'emplacement d'une ancienne cité portuaire fondée par les Phéniciens dans l'Antiquité. Il est situé au nord de l'actuelle Tunisie, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Carthage.

    Utique est réputée comme l'une des plus anciennes villes de la Méditerranée occidentale. Selon Pline l'Ancien, Aristote et Velleius Paterculus, la ville est fondée en 1101 av. J.-C. Cette cité-État se forme par nécessité commerciale : elle est l'un des comptoirs commerciaux indispensables dans les voyages entre Tyr et Cadix. Cette ville dont l'antériorité (plus de trois siècles) par rapport à Carthage est admise par plusieurs auteurs, disposait d'une indépendance vis-à-vis de Tyr, se contentant de lui envoyer tous les ans un tribut d'usage. Ce n'est qu'au Ve siècle av. J.-C. qu'Utique tombe sous la domination carthaginoise. Toutefois, les fouilles archéologiques n'ont pas confirmé cette antériorité, aucun vestige archéologique antérieur au VIIIe siècle av. J.-C. n'a pu être mis au jour.

    Cette cité a souvent changé de camp au cours de son histoire : elle reste punique pour combattre les Grecs de Sicile puis les Romains avant de se ranger du côté de ces derniers lors de la Troisième Guerre punique. Lorsque Carthage, sa voisine, tombe aux mains des Romains, elle est récompensée de sa fidélité et figure parmi les sept villes d'institutions phéniciennes dites libres et immunes. Elle est alors érigée en capitale de la province romaine d'Afrique et reçoit une large portion du territoire de Carthage. Elle sera déclassée à l'avantage de Carthage dès l'avènement de l'empire romain.

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    Quand je pense que je n'ai rien pu faire...

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    En septembre 1944, sa mère ayant été arrêtée pour faire pression sur lui, il se constitue prisonnier auprès de la Préfecture de police de Paris. Il est emprisonné à la prison de Fresnes (actuel Val-de-Marne) et poursuivi pour intelligence avec l'ennemi. Son procès  s'ouvre le 19 janvier 1945 devant la cour d'assises de la Seine. Il est condamné à mort le jour même après une délibération de vingt minutes. Sa défense avait été assurée par Jacques Isorni, lequel fut également, quelques mois plus tard, avocat du maréchal Pétain.

    Dans les jours qui suivirent, une pétition d'artistes et intellectuels renommés, parmi lesquels Paul Valéry, Paul Claudel, François Mauriac, Daniel-Rops, Albert Camus, Marcel Aymé, Jean Paulhan, Roland Dorgelès, Jean Cocteau, Colette, Arthur Honegger, Maurice de Vlaminck, Jean Anouilh, André Barsacq, Jean-Louis Barrault, Thierry Maulnier, etc.[3], demanda au général de Gaulle, chef du gouvernement provisoire, la grâce du condamné. Le général choisit de ne pas commuer la peine prononcée, ce qui entraîna l'exécution de la sentence, à la date symbolique du 6 février suivant, lorsque Brasillach fut fusillé au fort de Montrouge.

    Bien des biographes s'interrogent sur les raisons ayant poussé le général de Gaulle à laisser exécuter Robert Brasillach. Selon les témoignages successifs de Louis Vallon et de Louis Jouvet, qui l'interrogèrent sur le sujet[4], de Gaulle aurait vu dans le dossier de Brasillach la couverture d'un magazine le montrant sous l'uniforme allemand. Il y aurait eu une confusion avec Jacques Doriot[5]. Lacouture, qui rapporte cette rumeur, ne croit pas à cette interprétation. Il penche pour l'hypothèse d'une concession faite aux communistes pour pouvoir être plus ferme sur d'autres points.

    « [...] Le général de Gaulle a écouté Mauriac, et a refusé la grâce. Quoi qu’il en pensât, de Gaulle ne pouvait s’opposer à toutes les exigences des communistes qui constituaient un tiers du pouvoir, sinon davantage. Ils exigeaient la tête de Brasillach, qui avait conduit bien des leurs au poteau. Je pense que de Gaulle a fait la part du feu. [...][5]  »

    Toutefois, dans le fonds de Gaulle déposé aux Archives nationales, on a retrouvé une note relative à l'« affaire Brasillach » dressant une liste des charges pesant sur l'écrivain. Parmi elles, il est présenté comme « un des responsables de l'assassinat de Mandel », personnalité dont il demandait régulièrement la mise à mort dans son journal Je suis partout et pour laquelle de Gaulle éprouvait estime et respect[4].

    Robert Brasillach fut inhumé au cimetière de Charonne, dans le XXe arrondissement de Paris. Chaque année, le 6 février, le Cercle franco-hispanique organise un dépôt de gerbes sur la tombe de Robert Brasillach.


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    La terre est substance, gravité, intensité et cristallisation.

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    A l’heure du village planétaire, des villes tentaculaires, où tout devrait se résumer au plus petit dénominateur commun (mêmes goûts, mêmes besoins pour tous en même temps) qu’il y ait encore des hommes pour ressentir l’appel du grand large, celui des hommes libres, à vivre autrement, à contre courant, a quelque chose d’émouvant. Oser, encore de nos jours, se retrouver face à soi-même non pas le temps des vacances ou d’un week-end mais pour toujours dans une région où il n’y a souvent pas de travail, peu de loisirs n’est pas de la littérature. Recréer un  potager, tailler ses arbres, redonner vie à une maison, chaleur, lumière, apprendre la langue de ses ancêtres… réapprendre le rythme des saisons, des gestes ancestraux, se plonger dans le souffle de la nature libre et sauvage, le lyrisme du vent et du soleil, voilà de beaux exemples à méditer pour ceux qui osent encore dire : « non serviam ».

    Pour s’intéresser à la terre, pour en parler, il faut ressentir un manque, un besoin. Qui vous parle d’amour si ce n’est le cœur éconduit, jamais l’amant comblé. Qui vous parle de même de littérature si ce n’est celui qui n’a jamais écrit, sujet, dira Michel Déon, que la pudeur interdit d’aborder à des garçons bien élevés.

    Je vous dit tout ça pour vous parler un peu de moi. Cet été, je vais retrouver avec plaisir un « gars » de la Brière. Jeune père de famille, juste et vrai, il me semble. Homme de la terre surtout, il vit là parce qu’il y est né, simplement. Son environnement immédiat est presque un cliché. Des chevaux broutent dans la pelouse, les chiens s’esclaffent dans l’étang où l’on pêche des poissons chats sous le regard indifférent des oies et autres animaux de basse-cour. Véritable Arche de Noé, il y a également une tonnelle où l’on se laisse offrir un apéro après une rude et saine journée. Pourquoi vous évoquer ces souvenirs ? Peut-être parce que quand on vit en communion avec la terre, celle qui ne m’en pas, on en parle pas, on ne sait pas les mots pour le dire. Peut-être aussi parce que j’ai maintenant compris une chose primordiale : dans la vie, il y a ceux qui vivent et ceux qui regardent les autres vivre.

    Je m’explique. L’an dernier, après une mémorable pêche aux écrevisses, reprenant les chemins creux abrités par de généreux mûriers, je demandais à Grégo s’il connaissait le très beau livre de Chateaubriant, La Brière. Sa réponse fut négative. Passé l’étonnement je me suis dit à quoi bon. La Brière c’est lui, elle coule dans ses veines. Pourquoi lire ce qu’on vit déjà, ce livre ce n’est pas à lui qu’il s’adresse, mais à moi et à tous ceux qui ont perdu la communion quotidienne avec Dame Nature.

    A qui écrivent Mistral, Pourrat, Genevoix, Vincenot ? A qui écrit Giono ? Certainement pas au berger de Provence, à l’artisan ou aux écoliers de Manosque. Non, il écrit ses livres pour l’ouvrier qui travaille à la chaîne, pour le titi parisien ou le Ch’ti des corons. Edifier le lecteur, le rendre réceptif à autre chose, des valeurs inaliénables et intemporelles dont il s’est laissé déposséder au fil du temps, horloge sinistre dont le doigt nous menace et nous dit : « souviens-toi ».

    Malraux tenait Giono pour l’un des quatre romanciers français de l’époque qui comptaient le plus. Pour lui, ces romans ne traitaient comme on a pu l’imaginer ni des conditions particulières de vie d’une catégorie de gens, comme dans les romans paysans ; ni, comme chez Barrès plus sensible aux paysages et vestiges et souvenirs historiques qu’aux gens ; ni, comme chez Gide, de l’incitation et de l’autorisation que l’on peut y chercher à la jouissance des sens ; ni même, comme chez Proust, de la manière dont elle peut se trouver mêlée à nos émotions dans des moments curieux de notre vie. Chez Giono, il s’agit bien, au-delà des apparences, de la conscience métaphysique de sa condition que le monde naturel impose à l’homme. Confrontation d’avec un paysage, cette configuration qu’à la terre à l’endroit où l’homme vit, la manière dont les éléments y sont associés, le ciel de jour ou de nuit, qui le domine, l’inépuisable diversité des espèces animales et végétales qui l’entourent : ces pierres qui ont vu le premier jour, ces bêtes qui dorment dans un creux d’herbe, ces arbres qui ont mis cent ans à repousser le poids du ciel. La terre monde solide, remède aux maux humains, guéris tous ceux qui sont de la terre, « ceux qui ont de l’herbe dans le sang, de grandes poitrines en prairies et vergers, des bras comme la branche des chênes, la peau comme l’écorce d’arbre, et le chatouillis du vent dessus[1]. »

    Giono nous invite à le suivre, à ne plus nous fuir mais à regarder derrière nous, vers nos racines. Qui ne s’est jamais demandé où il allait ? Dans quel but et avec quel empressement ? Aveugles ! Nous crie Giono, vous êtes des aveugles, laissez tout ça. Il faut remettre l’homme à sa place, ne pas le faire systématiquement le centre de tout, être assez simple pour s’apercevoir qu’une montagne existe non seulement comme hauteur et largeur, mais comme poids, puissance d’envoûtement, qu’une rivière, une source sont des personnages : elles trompent, trahissent, elles sont belles ; que les forêts respirent, que la mer c’est aussi une faune et une flore. Ce chant du monde, il faut savoir l’écouter et pour ça il ne faut pas trop souvent s’en détourner. Mais il n’est aucun d’entre nous qui soit si séparé du monde qu’il n’en refasse périodiquement l’expérience. A la première occasion qui nous oblige à marcher de nuit dans la campagne, à la moindre liane de ronce qui barre un jour un chemin familier, à peine sommes-nous enfoncés dans une forêt tant soit peu livrée à elle-même, le monde est de nouveau autour de nous comme il n’a jamais cessé de l’être, avec ses terreurs et ses joies. Rien ne peut faire que nous ne sachions qu’il y a une donnée première, virtuellement toujours aussi présente, de nos vies. C’est une part inaliénable de notre expérience d’être exposés au monde, un risque, une confrontation : « Toutes les erreurs de l’homme viennent de ce qu’il s’imagine marcher sur une chose morte alors que ses pas s’impriment dans de la chair pleine de volonté[2] »

    La terre est substance, gravité, intensité et cristallisation. Elle est la dépositaire des cultures, issus de la glèbe, comme par définition et par force des choses toute culture est issue de la glèbe. Humble et obéissant, l’homme retrouve sa place naturelle dans le monde. Sinon, c’est le règne du chaos, de la déréliction, celle dénoncée en son temps par Jean Cau : « Je ne fais pas ici l’éloge de la lenteur et de la patience esclave. Je dis simplement que j’ai vu mourir un monde et ses valeurs. Je dis aussi que si notre fin de siècle est à ce point tourneboulée, c’est par vitesse et impatience. Pilule – et on peut vite baiser à douze ans ; divorce et on peut changer de partenaire et faire un nouvel essai ; drogue – et on peut vite se mettre en congé du monde. Automobile, avion, moto, fusée – et on peut fuir, vite, le lieu d’une vie ou d’un crime. (Oui, qu’est-ce que le crime ? Une impatience[3].)

    Pierre de Jaumont

    (Article paru dans ID Magazine)

    [1] Un de Baumugne, Jean Giono, Grasset, 1929.
    [2] Colline, Jean Giono, Grasset, 1929.
    [3] Croquis de mémoire, Jean Cau,  Julliard, 1985.