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    Poème d'un soldat de France

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    En m'enracinant en Normandie...

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    "Nous étions quelques garçons trop jeunes pour avoir affronté l’épreuve de la guerre et qui nous retrouvions, poissons sans eau sur un rivage que venait d’abandonner le grand raz-de-marée. Oui, c’était bien l’eau qui nous manquait. Mao parle du partisan “dans son peuple comme un poisson dans l’eau”… Quel peuple alors ? L’Europe, coupée en deux n’était plus qu’un mythe… Alors la France ? Elle vivait encore de ses guerres civiles, et si nous nous en faisions une « certaine idée, ce n’était ni celle des vainqueurs, ni celle des vaincus… Donc nous cherchions autre chose. Une patrie ou un peuple qui existassent par eux-mêmes, bien avant et bien après les sanglantes et folles convulsions de l’actualité… En m’enracinant en Normandie, je décidais de monter la garde sur quelque littoral sacré."
     
    Jean Mabire

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    L'imbécile et dangereuse gloriole...

     

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    "Il est faux que l'armée française ait été vaincue avec honneur. L'imbécile et dangereuse gloriole dont ses galonnés veulent se prévaloir nous contraignent à le dire. Quand on se nomme l'armée française, quand on a derrière soit Austerlitz et Douaumont, on n'est pas vaincue avec honneur en quarante jours de déroule informe, qui vous ont mené de Namur à Bordeaux, tandis que l'ennemi ramassait en se jouant deux millions de prisonniers. De même, lorsqu'on se nomme la Grande-Bretagne, on ne conserve pas l'honneur en perdant Singapour après six jours de combat. Des hommes ont sauvé l'honneur pour eux, pour leurs fanions.
     
    Ce furent, chez les Anglais la brigade écossaise de Belgique, des Tommies isolés de la jungle malaise dont nous ne saurons jamais le nom. Ce furent chez nous par exemple les héros du 16e bataillon de chasseurs à pied, infanterie martyre de la 3e division cuirassée, ceux des groupes de reconnaissance, presque tous admirables, parce que dans la cavalerie, blaguée et du reste professionnellement piteuse, quelques vertus militaires étaient demeurées intactes, les marins de Dunkerque, les aspirants de Saumur au pont de Gennes, la 7e division Nord-Africaine, les artilleurs de 75 qui plantaient leurs canons face à la ruée des chars. Je veux nommer au moins l'un d' eux, le chasseur Laniboire, en reconnaissance avec son capitaine et le chauffeur de celui-ci dans une voiture de tourisme qui tomba sur un avant-poste allemand. Le chauffeur et Laniboire, blessés mortellement à la première rafale de mitrailleuses, s'effondrèrent sur les sièges avant. Mais Laniboire, traversé de part en part, murmura en expirant à son officier qui du fond de la voiture se penchait sur lui : “Ne vous en faites pas mon capitaine. Empoignez le volant, filez. Je tiens mon pied sur le champignon”. Et il mourut ainsi, sauvant la vie de son chef.
    D’autres, beaucoup d'autres sans doute, auraient sauvé au moins la face. Ils ne l'ont pas pu parce que l'armée ne l'a pas permis. L'honneur même de la nation française n'est presque plus en jeu, dépassé par les éléments. Celui du corps militaire de la République était engagé. Il n'en est pas revenu. C’est ce corps-là qu'un vrai patriote doit mettre impitoyablement en accusation, pour sauvegarder ce qui reste du prestige français.
    On peut à peine dire que l'armée française ait été battue. Elle a été fessée, reconduite par l'oreille jusqu'à la Garonne. On peut s'évertuer à forger pour ces six semaines de fuite en troupeau des noms de bataille. Ils ne désignent rien. Il n'y a eu nulle part bataille, c'est-à-dire action concertée, lutte disputée, indécise. La bataille de 1940 a duré le temps qu'il fallait pour redescendre à pied des confins de la Hollande à ceux de la Gascogne, le temps qu'a mis l'adversaire pour pousser notre cohue devant soi.
    J'aime qu'un modeste mitrailleur, qu'un chef de section ou de compagnie se flattent aujourd'hui encore de ce qu'ils ont fait, qu'ils disent : “Nous, nous les avons tenus, deux jours, trois, quatre jours”. Nous n'avons pas tant d'occasions d'être fiers. Mais il faut que ces braves voient plus loin que leur créneau, leur fortin, leur batterie, qu'ils se rappellent combien de temps leur résistance a duré, qu'ils se représentent le panorama entier de la débâcle, pour bien apprécier ceux qui nous ont menés là."
     
    Lucien Rebatet, Les Décombres.

     

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    La prière des Paras

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