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L’affaire des fiches -1900-1904 , chronique d’un scandale .

 

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 Résumé de l'Affaire des fiches - Le 4 novembre 1904, le général André, ministre de la Guerre dans le gouvernement d'Émile Combes, est giflé à la Chambre par le député nationaliste Syveton.

L'incident porte à son paroxysme le conflit entre l'Église et le gouvernement de la IIIe République, que d'aucuns qualifient de «république des francs-maçons» (on évalue à 30.000 le nombre de francs-maçons dans les instances politiques parmi lesquels 250 députés, 200 sénateurs et un grand nombre d'instituteurs).

De la liberté d'association à l'intolérance

Le 1er juillet 1901, le président du Conseil Pierre Waldeck-Rousseau a fait voter une loi sur les associations encore bien connue de tous les créateurs d'associations sans but lucratif. Cette loi établit la liberté d'association mais son article 13 fait une exception pour les congrégations religieuses en soumettant leur création à une autorisation préalable.

La loi Waldeck-Rousseau est motivée par le souci de restaurer la préséance de l'État après plusieurs décennies de complaisance à l'égard des institutions ecclésiastiques. Elle est dans un premier temps appliquée de façon libérale. Mais en janvier 1902, le Conseil d'État établit que l'autorisation préalable s'imposerait désormais à toute école où enseignerait ne fût-ce qu'un congrégationniste.

C'est la voie ouverte à tous les excès. Quand Émile Combes (67 ans) succède à Waldeck-Rousseau à la présidence du Conseil, il s'engouffre dans cette brèche...

Né dans une pauvre famille du Tarn, Émile Combes a pu accomplir de brillantes études grâce au soutien bienveillant de quelques ecclésiastiques. Mais le directeur du séminaire juge qu'il n'a pas la vocation religieuse et le dissuade de devenir prêtre. Le jeune homme s'installe comme médecin, devient franc-maçon pour la forme et s'engage enfin dans la vie politique.

Il entre au Sénat.... qu'il lui arrive de comparer à un «couvent bien tenu»! D'abord «opportuniste»(nom que l'on donne à la mouvance républicaine de Jules Ferry), il évolue peu à peu vers l'extrême-gauche et arrive au parti radical de Georges Clémenceau .

Son premier passage au gouvernement en 1895 comme ministre de l'Instruction publique et des Cultes lui permet de mettre en pratique ses convictions laïques mais ne le fait pas sortir de l'anonymat. Ses convictions anticléricales, à l'unisson du parti radical, s'affichent ouvertement lors de son accession à la présidence du Conseil.

Dans une célèbre circulaire adressée aux préfets le 20 juin 1902, il lance: «Votre devoir vous commande de réserver les faveurs dont vous disposez seulement à ceux de vos administrés qui ont donné des preuves non équivoques de fidélité aux institutions républicaines. Je me suis mis d'accord avec mes collègues du cabinet pour qu'aucune nomination, qu'aucun avancement de fonctionnaire appartenant à votre département ne se produise sans que vous ayez été au préalable consulté»(*).

À mille lieues de la modération de son prédécesseur, Émile Combes fait fermer en quelques jours plus de 2.500 écoles religieuses. Le 7 juillet 1904, il fait voter une nouvelle loi qui interdit d'enseignement les prêtres des congrégations.

Chasse aux sorcières

L'armée et la marine n'échappent pas à la chasse aux sorcières.

Un premier scandale éclate le 29 mars 1904, avec formation d'une commission parlementaire, quand on découvre que le ministre de la Marine Camille Pelletan refuse de recevoir les amiraux, tous bons catholiques ; il encourage par ailleurs les mouvements de grève dans les chantiers navals, cela au moment où l'Allemagne et l'Angleterre accélèrent le renforcement de leur flotte !

Désireux de son côté de favoriser l'avancement des officiers républicains anticléricaux, le ministre de la Guerre, le général Louis André, n'attend pas l'arrivée d'Émile Combes à la présidence du Conseil. Il lance une vaste enquête interne sur les opinions religieuses des gradés : vont-ils à la messe? Ont-ils envoyé leurs enfants dans des écoles catholiques?...

Près de vingt mille fiches sont réunies et confiées pour vérification aux francs-maçons de la loge du Grand Orient de France, fer de lance de la lutte contre l'Église.

Dans les faits, même au plus fort des campagnes anticléricales, l'armée et la haute fonction publique ont continué de puiser une bonne partie de leurs cadres parmi les jeunes gens issus des meilleures écoles catholiques : le collège Stanislas et l'école Sainte-Geneviève, faute d'avoir le choix..

La campagne des fiches a pour effet de bloquer l'avancement de certains officiers, compétents mais jugés trop proches de l'Église, comme Ferdinand Foch dont le frère est jésuite ! Elle favorise par ailleurs la promotion d'officiers républicains athées et laïcs mais incompétents, ce qui aura des conséquences désastreuses sur les premiers engagements de la Grande Guerre, dix ans plus tard.

Beaucoup d'officiers indûment promus (dont près de la moitié des 425 généraux !) seront alors «limogés» en catastrophe, autrement dit affectés à des bases éloignées du front comme Limoges (d'où l'origine du verbe «limoger», inventé pour l'occasion).

Vers l'apaisement

L'«affaire des fiches» ayant été dévoilée en octobre 1904 par la presse de droite, il s'ensuit un scandale à la Chambre des députés. À la suite de la gifle du député Syveton, le ministre André doit démissionner et après lui le gouvernement Combes.

Le 24 janvier 1905, le président Emile Loubet (nota 1) appelle Maurice Rouvier à la présidence du Conseil. Sous son gouvernement est votée la loi sur la séparation des Eglises et de l’Etat  . Elle jette les bases de la laïcité à la française et met fin aux polémiques anticléricales.

Nota 1 : le « Loubet » : portrait officiel des présidets affichés dans mairies etc.

Nota 2 De même L’affaire du bâton de Maréchal

Le gouvernement avait ressuscité la dignité de maréchal de France en faveur de Joffre, pour dissimuler une éviction. En novembre 1918, le gouvernement nomme maréchal de France, Foch généralissime des Armées alliées et Pétain, commandant en chef des armées françaises. On s’attendait à trois nouveaux bâtons  : Castelnau, Franchey d’Esperey, Fayolle. Le projet filtra dans la presse  ; la décision fut rapportée du fait de l’opposition du parti radical et du Grand Orient de France.

Castelnau a donné son nom à une promotion récente de Saint Cyr .

 

Aux Ecoles de Coëtquidan, on explique que  "à travers ce choix les élèves souhaitaient honorer à la fois le général de Castelnau, saint-cyrien de la promotion du « du 14 août 1870 » mais aussi ses trois fils tombés au champ d’honneur lors de la grande guerre (dont 1 Saint-Cyrien et un polytechnicien).  La promotion montre ainsi qu’elle souhaite faire siennes les vertus séculaires de dévouement et d’abnégation de l’officier français, parfaitement incarnée dans la famille de Castenau. C’est aussi une manière pour ces futurs cadres de la nation de rendre hommage aux 1,4 millions d’hommes et de femmes ayant fait don de leur vie pour que vive la France il y aura bientôt un siècle" et non sur ses engagements politiques ou religieux . Le "capucin botté", fut en effet , dans les années 20, le dirigeant de la Fédération nationale catholique, très marquée à droite et très hostile à la franc-maçonnerie ; J.Y. Le Drian était présent au baptème ; le nom en a été choisi le 3 mai dernier -à trois jours de la présidentielle- par son prédécesseur Gérard Longuet , ancien  du mouvement Occident . Un nom loin des idéaux du ministre socialiste ( que l’on dit membre du GODF )

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