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    Homélie prononcée par le cardinal Barbarin lors de la messe de funérailles du commandant Hélie Denoix de Saint Marc

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    Lors de la messe de funérailles du commandant Hélie Denoix de Saint Marc, célébrée ce vendredi 30 août 2013 en la cathédrale Saint Jean Baptiste de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin a prononcé l’homélie que voici :

    http://snd.sc/1cnPc3P

    Retrouvez également l’éloge funèbre prononcé par le général Bruno Dary, président de l’Association des anciens légionnaires parachutistes.

    Documents joints

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    Les pubs de l'Armée de Terre

    Il faut vraiment vouloir faire ce métier pour se faire trouer la peau avec un salaire de misère et un équipement de merde pour des salopards comme ceux qui nous dirigent...

     

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    Hélie de Saint-Marc : un mystique de la fidélité

    Trois articles réunis.

     

    Un homme pour qui la parole donnée ne se reprend pas: résistant, déporté, officier, rebelle, écrivain.

     Un homme qui symbolise toute la difficulté de servir par les armes quand les mots n'ont pas la même signification pour tout le monde, en particulier pour ceux qui gouvernent et ceux qui se battent.

    A plus d'un point de vue: un exemple.

    Hélie de Saint-Marc : un mystique de la fidélité

    par Denis Lensel France catholiquelundi 26 août 2013

    Hélie Denoix de Saint-Marc est mort ce matin à l’âge de 91 ans : sa vie aura été une trajectoire exceptionnelle à la mesure des cruelles épreuves qui ont ébranlé la France au XXe siècle. Résistant dès 1941 à l’âge de 19 ans après avoir assisté à Bordeaux à l’arrivée du gouvernement en pleine débâcle, dénoncé, arrêté et déporté par les nazis en 1943 au camp de concentration de Buchenwald, il est envoyé dans un « kommando » de travail où la mortalité dépasse les 90%. Sauvé de justesse par un camarade letton, il se trouve cependant dans une baraque de mourants quand le camp est libéré par les Américains : inconscient, il a oublié momentanément jusqu’à son propre nom. Il figure parmi les trente survivants d’un convoi d’un millier de déportés.

    Elevé dans la tradition de la démocratie chrétienne, il aurait pu faire carrière dans la politique sans difficulté avec ce passé de très jeune résistant déporté. Mais il veut servir autrement son pays. En 1945, il entre à Saint-Cyr. Trois ans plus tard, il part en Indochine comme officier de la Légion étrangère. Il apprend le vietnamien, et parle longuement avec les prisonniers du Vietminh pour mieux comprendre tant leurs motivations que leur tactique… Il vit comme un drame l’ordre reçu lors d’un repli d’abandonner des populations locales qui faisaient confiance à la France… et qui seront massacrées, comme viendront en témoigner des survivants. Il restera profondément marqué par cette « blessure jaune »…

    Nommé en Algérie, notamment aux côtés du général Massu, puis commandant par intérim du 1er Régiment étranger de parachutistes, en avril 1961, il participe au « putsch des généraux » d’avril 1961 contre la décision de De Gaulle de quitter l’Algérie : à ses yeux, c’est un abandon de trop pour l’armée française. Sur ce point, le massacre ultérieur de nos alliés Harkis restés sur place apportera une terrible justification à sa révolte. Toutefois, dans l’immédiat, il donne l’ordre à ses soldats d’éviter toute effusion de sang et de contenir la colère des civils « pieds-noirs ». C’est un « putschiste » à la fois calme et résolu qui ne tire pas de coup de feu inutile. Quand l’opération échoue, il se constitue prisonnier. Cependant, lorsque la légalité de la Vème République est rétablie, il est condamné à dix ans d’incarcération. Mais il sera gracié en 1966, après cinq ans de détention à la prison de Tulle.

    L’ancien officier commence une nouvelle carrière comme directeur du personnel dans l’industrie avec l’aide du président de la Fédération des déportés. Discret et serein, il ne fait aucune déclaration publique. En 1978, il est réhabilité dans ses droits civils et militaires. En 1995, son neveu éditeur publie ses mémoires. Il fait quelques conférences en France et à l’étranger, sans aucune dimension polémique. Le concernant, les faits parlent d’eux-mêmes. En 2001, un « Livre blanc de l’armée française en Algérie » commence par son interview. En 2002, il publie un livre d’entretiens avec un ancien officier allemand de sa génération, August von Kageneck, lieutenant de la Wehrmacht en 1939-45 : avec l’aide du journaliste français Etienne de Montety, ils procèdent à un échange de vues pacifique sur leur jeunesse et leurs perceptions respectives de la Seconde guerre mondiale.

    Fin novembre 2011, à 89 ans, il est fait Grand-Croix de la Légion d’honneur par le président de la République Nicolas Sarkozy. Avec la distance d’une sagesse teintée d’humour, il commente ainsi ce geste : « La Légion d’honneur, on me l’a donnée, on me l’a reprise, on me l’a rendue… » Hélie de Saint-Marc avait atteint depuis longtemps ce stade suprême de l’honneur qu’on appelle le détachement des biens de ce monde. Un détachement qui facilite la fidélité et le pardon.

    ·                                 26 août 18:38, par P. Decléty.

    Ci-dessous un texte que j’avais remis au Commandant de Saint-Marc l’an passé.

    Voilà, mon Commandant, ce que je dirai… 
    dans votre vie, vous avez mené plusieurs combats. Des batailles contre une adversité terrible, trop forte pour un homme. Ces combats, vous ne les avez pas tous gagnés. J’en compte 7. 
    Le premier est celui de la guerre contre l’Allemagne, au cours de laquelle après avoir rejoint les résistants de votre région dans le sud-ouest de la France, vous êtes arrêté et déporté. Là, dans un camp, vous rencontrez la mort mais un ange letton vous en sauve in extremis. De ce combat perdu, vous sortez vivant. Ce n’était pas votre heure. 
    Le second de vos combats se situe à l’autre bout du monde ; en Indochine. Là encore, vous vous donnez de toutes vos forces contre l’ennemi de la Liberté mais vous devez laisser vos amis, alliés de la France. En rentrant, miné par ce retrait, vous jurez alors que cela ne se produira plus. 
    Survient alors, la guerre en Algérie. Peut-être le pire de vos combats car il ne porte même pas ce nom ; il s’agit seulement « d’événements ». Devant l’abandon qui se prépare, vous dîtes « non ». Vous êtes peu nombreux à aller jusqu’au bout de la parole donnée et vous perdez encore, là-aussi. Cette fois, vous êtes arrêté par les vôtres mais votre honneur est intact. C’est cependant votre 3e défaite. 
    Il faut maintenant entamer le quatrième combat, celui des années de la prison, de l’oubli et de la reconversion. Avec l’aide d’un ange encore, votre épouse, vous gagnez lentement ce quatrième combat. Vous êtes d’abord gracié puis réhabilité. Blessé mais debout, vous reprenez avec votre famille, une place dans la société. A ce terme, vous êtes vainqueur. Sans bruit, mais vainqueur. 
    Le cinquième combat approche avec l’âge. Il s’agit du témoignage. Non plus devant un tribunal mais devant l’humanité. Des anges encore, sont là. Des écrivains, des historiens, des témoins vont vous permettre de vous battre à armes égales cette fois. Vous allez dire la vérité. Ce combat vous apporte une deuxième grande victoire. La victoire personnelle sur cette adversité qui bizarrement ne s’avance pas sur ce champ de bataille-là. Elle s’enfuira devant vos paroles, du reste non belliqueuses. 
    Le sixième combat, vous le gagnez aujourd’hui. A la fin de votre vie, vous êtes élevé à la dignité de Grand-croix de la Légion d’honneur. La légion de l’Honneur… C’est la fin de cette bagarre pour faire valoir vos ordres et vous voilà au plus haut degré de ce que la reconnaissance française peut faire. Le chef de l’État en personne, la hiérarchie militaire, les anciens combattants, la Presse et mieux, les jeunes soldats sont là pour vous sacrer héros, vainqueur du combat de votre vie ; celui de l’honneur. 
    Mais six ne fait pas sept. Il faut encore se battre une ultime fois. Et là, il faudra mourir, vous le savez. Ce sera le passage de la mort à la Vie. Vous serez comme nous tous, seul devant l’Éternel. Vous Lui montrerez vos chutes, vos blessures et vos chaînes. Alors, Il écoutera les anges, vos amis et leurs prières qui ne trahiront pas. Il entendra les guerriers qui, comme vous, n’ont jamais abandonné leur âme ni leur conscience. Et après cette joute-ci, Il vous dira : « Toi, dont le prénom rime avec celui d’un prophète, toi dont le nom sonnait comme celui d’un de mes Évangélistes, tu t’es battu en vérité. Passe cette étole sur ton autre épaule et entre maintenant dans mon triomphe éternel ».

    Général Patrick Decléty (72-74), diacre.

    Au sujet de ses obsèques :

    http://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/helie-saint-marc-peu-d-autorites-politiques-militaires-sont-annoncees-a-obseques

    Hélie de Saint-Marc : le chef d'état-major de l'armée de terre sera aux obsèques

    Publié le mercredi 28 août à 11h30

    A la suite de notre article d'hier, le ministère de la Défense nous fiat savoir ce matin que le général Ract Madoux, chef d'état-major de l'armée de terre (cemat), sera présent aux obsèques d'Hélie de Saint-Marc et qu'il y «représentera la Défense». La décision a été prise ce matin. Hier en fin d'après-midi, le sirpa-Terre, interrogé par ce blog, ne parlait que de la présence des généraux de Braquilanges et de Saint-Chamas. La raison a finalement prévalu. 

     

     

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    Eté 1943, les Alliés gagnent la guerre (5/7) : Atlantique, la défaite de U-Boote

    Ce n'est pas une une uchronie : l'été 43 est bien le moment où la seconde guerre mondiale bascule. Un récit pour L'Opinion en sept épisodes. Aujourd'hui, la bataille de l'Atlantique.

    L’océan Atlantique fut le théâtre d’« une interminable et furieuse bataille, la plus dure qui fut jamais livrée en mer ». C’est le début du roman de Nicholas Monsarrat,La Mer cruelle, l’un des plus beaux livres de guerre qui soit (1). Winston Churchill ne disait pas autre chose, lui qui, dans ses Mémoires, écrivait que « tout au long de la guerre, la bataille de l’Atlantique fut le facteur dominant ; nous ne pouvions oublier un seul instant que tout ce qui se passait ailleurs dépendait en dernier ressort de son issue ». Et le Premier ministre de confier que « la seule chose qui m’est vraiment effrayée au cours de la guerre, ce fut la menace des sous-marins » allemands.

    Or, si elle dura du premier au dernier des 2 000 jours du conflit en Europe, la bataille de l’Atlantique fut gagnée par les Alliés durant l’été 1943. Après cette date, les combats se poursuivirent et des milliers d’hommes périrent encore en mer. Mais le vent avait tourné et pour les U-Boote de l’amiral Karl Dönitz, la partie était perdue.

    L’affaire se joua bien sûr au cours de ses longues nuits glaciales de l’Atlantique nord, sur des cargos poussifs malmenés par les vagues, quand les marins vivaient dans la peur permanente d’une attaque imprévisible qui les enverrait par le fond. Mais elle se gagna tout autant dans les chantiers navals, les laboratoires de recherche et les bureaux de décryptage.

    Car les Alliés furent d’abord capables de construire plus de bateaux que l’Allemagne ne pouvait en couler. « Les Alliés perdent 8,3 millions de tonneaux en 1942, 4 millions de tonneaux en 1943, mais ces chiffres effrayants sont compensés par le lancement de navires marchands représentant respectivement 7 et 9 millions de tonneaux », explique l’historien Paul Kennedy (2) qui constate que « ce résultat est dû surtout à l’explosion extraordinaire de la production des chantiers navals américains ». Si l’on en croit ces chiffres, l’année 1942 se solde par un déficit de 1,3 million de tonneaux : la capacité maritime à maintenir le lien entre l’Amérique du nord et le Royaume-Uni s’affaiblit. En 1943, en revanche, l’excédent est de 5 millions de tonneaux : le flux logistique peut augmenter. Il permettra, l’année suivante, de débarquer en Normandie.

     

    L’avion pour traquer en mer. Tout bascule précisément en mai 1943, un mois que les Britanniques ont surnommé le « Black May » des U-Boote. En trente jours, la Kriegsmarine perd en effet 43 sous-marins, soit le quart de sa force opérationnelle. Or, les chantiers navals allemands ne peuvent pas tenir le rythme pour combler ces pertes, même s’ils produisent un sous-marin chaque jour ! Sans compter la formation, difficile, des sous-mariniers, qui disparaissent par centaines chaque semaine ; 1 787 exactement au cours de ce « Black May ».

    Le 23 mai, l’amiral Dönitz doit donc rappeler ses bateaux aux ports, en attendant des jours meilleurs. C’est-à-dire la livraison de sous-marins de nouvelle technologie, équipés de schnorchel, un tube leur permettant de naviguer plus longtemps en plongée, puis de nouvelles batteries électriques. Mais ces avancées techniques ne lui permettront jamais de rétablir l’équilibre.

    Pourquoi les Alliés gagnent-ils soudain ? Parce qu’ils ont compris que la meilleure arme contre le sous-marin était… un avion. De lourds quadrimoteurs Liberator patrouillent l’océan, à la recherche des sous-marins qui doivent encore, pour l’essentiel de leur temps, naviguer en surface. De mars à mai 1943, le nombre de ces appareils passe de 18 à 49. Ils décollent des îles britanniques et du Canada et couvrent une grande partie de l’océan qui devient ainsi une « killing zone », une zone de mort, pour les U-Boote. Au centre de l’Atlantique, qui reste hors de portée de ces quadrimoteurs, de petits porte-avions d’escorte prennent le relais. Les avions sont équipés d’un nouveau radar de 10 cm de longueur d’onde, qui détecte les sous-marins en surface. Le golfe de Gascogne va devenir un véritable terrain de chasse grâce aux progrès de la guerre électronique. Dönitz l’écrit à Hitler à la mi-mai : « Nous traversons la plus grande crise de la guerre sous-marine, car l’ennemi nous inflige de lourdes pertes grâce à de nouveaux systèmes de détection. »

    Pour les Allemands, le coup est d’autant plus rude que trois mois plus tôt, ils pensaient avoir remporté la partie. Après un second semestre 1942 très difficile, les premiers mois de 1943 furent catastrophiques pour la marine alliée. En mars, 108 navires avaient été coulés et 627 000 tonnes envoyées par le fond, alors même que la plupart naviguaient en convois, ce qui, en principe, assurait une meilleure protection. Mais les U-Boote chassaient en meute : à cette date, pas moins de 38 sous-marins étaient regroupés dans l’Atlantique nord. Puis soudain, ce fut le jusant.

    Cette victoire de l’Atlantique fut aussi celle des chercheurs et des ingénieurs qui mettaient au point les nouveaux radars dans les usines alliées, comme celle de ces mathématiciens fantasques, réunis à Bletchey Park, au nord-ouest de Londres. Ils y cassaient les codes allemands, programmés par la machine Enigma, permettant aux marins anglais de lire les ordres que l’état-major de Dönitz envoyaient à ses sous-marins… L’affaire était tellement secrète qu’elle ne sera révélée, partiellement, que trente ans plus tard, dans les années 1970 !

    Mais à la fin, la bataille se terminait à la mer. Comme ce 24 août 1943, quand le sous-marin allemand U-134, est coulé au large de Vigo, sur les côtes espagnoles. Six charges de profondeur, larguées par un bimoteur Wellington de la Royal Air Force, en viennent à bout. Le 10 juin, il avait quitté sa base de La Pallice, à La Rochelle. C’est long, 76 jours en mer dans l’inconfort d’une coque secouée par les flots. C’était la neuvième patrouille de ce ‘Type VII’, un sous-marin ordinaire pour une mission ordinaire. Au cours de sa carrière, il n’avait coulé que trois bateaux, et plus aucun depuis novembre dernier. Son équipage était fatigué. En un mois et demi, c’était la quatrième fois qu’un avion l’attaquait. 48 hommes étaient à bord et aucun ne survécut. Leur commandant, le lieutenant de vaisseau, Hans-Günther Brossin, aurait eu vingt-sept ans en novembre.

     

    (1) Publié en Angleterre en 1951, basé sur une expérience vécue, ce livre est disponible en traduction française aux éditions de poche Phébus Libretto (2004).

    (2) Paul Kennedy, "Naissance et déclin des grandes puissances" Payot 1991