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    3e Régiment étranger d'infanterie

    Lundi 23 novembre à Kourou, deux légionnaires du 3e régiment étranger d’infanterie se sont vus octroyer la nationalité française. 

    Alors que le 3e régiment étranger d’infanterie fête le centenaire de sa création devant un très grand nombre d’autorités civiles et militaires, c’est à la fin de cette cérémonie présidée par le commandant supérieur des forces armées en Guyane qu’a eu lieu un instant solennelle et empreint d’émotion pour deux légionnaires.
    Après un discours évoquant les droits mais surtout les devoirs que la nationalité française impose, le chef de corps a conclu ainsi : « Vous aviez gagné une famille en entrant dans la Légion, vous aurez dans un instant une patrie LA FRANCE »

     
    Photo de 3e Régiment étranger d'infanterie.
    Photo de 3e Régiment étranger d'infanterie.
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    Caravane de la mémoire

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    «Je refuse de faire l’autruche et de contempler les choses sur mon canapé douillet»

    • Par Paul de Coustin
    • Publié le
    • Source: Le Figaro.fr Etudiant 
    L’armée déployée le mercredi 18 novembre dans la ville de Saint-Denis, au nord de Paris.-22KENZO TRIBOUILLARD/AFP-
     Depuis les attentats du 13 novembre à Paris, les candidatures spontanées affluent pour l’armée, la police et les services de renseignements. Lisa, Pierre ou Dylan expliquent pourquoi ils veulent s’engager.

    «Il faut savoir accepter la possibilité de notre mort imminente. Nous naissons pour mourir alors autant servir à quelque chose. Je refuse de faire l’autruche et de contempler les choses sur mon canapé douillet.» C’est par ces mots que Lisa, étudiante en première année de droit de 18 ans, explique pourquoi elle veut désormais s’engager dans l’armée. La jeune femme pense depuis plusieurs années à s’orienter vers les forces de police. Après les attentats du vendredi 13 novembre à Paris, elle a envoyé sa candidature à l’armée de terre, «par l’intermédiaire du site internet», pour le poste de «combattant de l’infanterie». Elle est loin d’être la seule dans ce cas. Depuis les attentats de vendredi, les centres d’information et de recrutement des armées (CIRFA) reçoivent de nombreuses candidatures spontanées aussi bien sur le web que dans leurs centres d’accueil.

    «M’engager dans l’armée, cette idée était dans un coin de ma tête depuis des années mais je n’avais jamais osé, raconte Lisa. Les événements m’ont permis de me rassurer dans ce choix. C’est comme si ça avait écarté toutes les zones d’ombre, les zones de doute. Vendredi, j’ai passé la nuit entière devant BFMTV et j’avais seulement envie d’être là bas pour aider. Guerre ou pas guerre, j’en serai» conclut la jeune femme avec détermination. Elle attend désormais une réponse pour obtenir un rendez-vous.

    Mora ne veut pas «devenir James Bond» mais «servir l’État»

    Pierre*, 24 ans, a aujourd’hui la «volonté de se dépasser au service de la sécurité de [son] pays». La possibilité de devenir officier l’a «toujours habité». Après les attentats du 13 novembre, alors qu’il avait déjà débuté des démarches pour s’engager, il se «rend compte, plus que jamais, de la nécessité d’avoir des gens investis dans ce domaine». Après des études d’économie, il est désormais pressé de pouvoir intégrer «l’école spéciale militaire de Saint Cyr», pour y compléter cette «formation académique avec un réel engagement pour [son] pays».

    Dimanche dernier, Mora* a envoyé une lettre au chef de l’état major de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Dans sa lettre, elle joint son CV et une lettre de motivation, et postule précisément au poste d’analyste. Loin d’elle l’idée de «devenir James Bond», la jeune femme de 24 ans veut avant tout «servir l’État en fonction de [ses] compétences.» Elle pense qu’aujourd’hui, avec la menace dont la France est l’objet, «la DGSI est une composante importante de la sécurité des français, mais qui garantira également que l’on ne sombre pas dans un État sécuritaire».

    «La France est un pays debout et prêt à se battre pour ses valeurs»

    Passé par Sciences Po, Dylan* poursuit aujourd’hui ses études à HEC. Au début de l’année, il a entamé une procédure pour intégrer le Programme Grandes Écoles de Saint-Cyr, qui forme, pendant six mois, des étudiants aux métiers de l’armée de terre. Les participants deviennent alors officiers de réserve. A Sciences Po, il a fait un master en Affaires publiques, avec comme volonté de «travailler dans l'intérêt général». C’est dans cette optique qu’il veut se former aux métiers de l’armée, car «la défense nationale est une des premières missions de l’Etat aujourd’hui, pour protéger et rassurer la population».

    Dylan a eu une véritable «prise de conscience» lors des attentats du mois de janvier, particulièrement lors de la grande marche du 11 janvier. «C’est un moment qui m’a vraiment marqué, qui a montré que la France est un pays debout et prêt à se battre pour ses valeurs». Les terribles événements de vendredi n’ont fait que renforcer sa conviction. Le jeune homme a passé des tests physiques et psychotechniques ce mercredi 18 novembre. Il ne sait pas encore si il sera finalement sélectionné.

    *Les prénoms ont été changés.

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    Le Califat, une puissance terroriste mondiale

    Le Califat, une puissance terroriste mondiale

    Le Califat, une puissance terroriste mondiale

    Abu Bakr al Baghdadi, le “calife” autoproclamé de l’Etat Islamique sur le territoire qui comprend l’Irak et la Syrie, a promis de conquérir l’Afrique du Nord, l’Andalousie et Rome. « Voila ce que je vous propose. Et si vous suivez mon conseil, vous pourrez conquérir Rome et vous deviendrez les maîtres du monde, avec la volonté d’Allah » a-t-il déclaré aux musulmans du monde entier.

    Carte publiée sur Twitter indiquant les territoires que les terroristes veulent conquérir d’ici cinq ans et étendre ainsi la domination du tout nouveau califat (PH/DR)

     

    La France a donc été frappée massivement, dans une opération soigneusement préparée et coordonnée, à partir de la Syrie orientale contrôlée par le Califat, dans la soirée du vendredi 13 novembre par 7 à 8 membres du Califat. Ils ont causé près de 130 morts. Les modes d’opération, fusillades sur des foules et explosion de ceintures d’explosifs des tueurs – rejoignant donc volontairement les dizaines de vierges du paradis d’Allah –, sont exactement ceux en usage en Syrie, ou en Irak, au Liban, en Libye, en Somalie, en Afghanistan, etc., toutes les terres musulmanes sunnites, en totalité ou en partie, sur lesquelles recrutent le Califat.

    Avec 7 à 10 millions de musulmans en France, presque tous sunnites, le vivier de recrutement des disciples du Calife Abou-Bakr II est considérable. La popularité du Califat oscille entre le dixième et le tiers de cette communauté, ce qui n’est pas la majorité, mais s’avère toutefois non négligeable. Les opposants reprochent surtout au Califat de tuer d’autres musulmans sunnites, dont ceux affiliés au mouvement djihadiste concurrent Al-Qaïda, soutenu en Syrie par le Qatar, l’Arabie Séoudite, la France et les États-Unis, au Proche-Orient, mais aussi en Afrique et en Afghanistan. Avec 10% de sympathisants, ce qui est un minimum, ceci donne un vivier de 800 000 personnes… Les quelques dizaines d’arrestations au plus, opérées en urgence en France, ne changeront rien à terme. Parmi les 8 tueurs identifiés, figurent même 3 “migrants”, de ces gentils réfugiés qu’il fallait et faudrait encore accueillir au nom des droits de l’Homme, par millions, et dont aucun ne serait terroriste… Il y a de quoi être fixé, y compris pour les plus naïfs, mais les oligarques européistes obstinés à détruire les identité nationales et l’Europe véritable ne changeront rien à leur politique de destruction: le président de la Commission vient de le réaffirmer, s’inquiétant au contraire de la “lenteur” dans l’installation et la répartition sur toute l’Europe, dont spécifiquement la France, des envahisseurs.

    LE CALIFAT, UNE INSTITUTION PRESTIGIEUSE, FONDAMENTALE EN ISLAM, RESTAURÉE EN 2014

    Abou-Bakr II, ou Ibrahim – les deux noms coexistent –, est le Calife reconnu par ses partisans dans une cérémonie de la Grande Mosquée de Mossoul le 5 juillet 2014. Il est toujours vivant, malgré de multiples tentatives d’assassinat. Reconnu initialement sur le territoire conquis par l’Etat Islamique sur l’Ouest de l’Irak et le Nord de la Syrie, il a reçu depuis de nombreuses allégeances, de la Mauritanie à l’Indonésie. Tous les musulmans sunnites ne le reconnaissent certes pas, et il est l’ennemi à abattre pour les Chiites, 10 fois moins nombreux à l’échelle planétaire, mais l’appel à la prière est souvent effectué en son nom, de l’Océan Atlantique à l’Océan Pacifique, soit un symbole très fort. Il correspond à une résurrection de l’Oumma, la communauté des croyants musulmans, unité rêvée et impossible, jamais plus réalisée dans les faits depuis le IXe siècle et le déclin de l’autorité des Califes Abbassides surtout, ou rupture plus récente constamment rappelée, l’abolition du Califat ottoman par Mustafa Kemal en 1924. Le Calife, successeur de Mahomet, qui en descend dans sa chair de préférence – chose autoproclamée, et nullement prouvée, pour Abou-Bakr II, mais pas absurde pour un Irakien – , est supposé directement inspiré par Allah, dispose donc en principe d’absolument tous les pouvoirs politiques et religieux.

    Le Califat, que beaucoup décrivaient comme une extravagance mégalomane éphémère, a donc survécu durant plus d’un an. Il s’agit bien plus qu’une quelconque et dangereuse fantaisie éphémère, conduite par un chef de secte mégalomane, balayée en quelques semaines ou quelques mois seulement. Il paraît installé pour plusieurs années, même s’il reste aventureux de se prononcer sur sa survie sur une longue durée. Abou Bakr II se voit reconnu par de nombreux djihadistes sunnites possédant des assises territoriales significatives en Libye, au Yémen, au Nigeria, et de nombreuses enclaves non négligeables en Afghanistan, en Tunisie, en Indonésie, en Malaisie, aux Philippines, sûrement aussi dans quelques banlieues françaises ou arrondissements parisiens ou marseillais… Son territoire principal en Irak et en Syrie est entouré d’ennemis. Certains adversaires sont déjà fort complaisants de facto, à commencer par la Turquie et l’Arabie Séoudite. D’autres s’opposent entre eux, comme les États-Unis et l’Iran, ou la Russie, en revanche proche alliée de l’Iran en Syrie.

    Le Califat, sur le plan purement militaire, bénéficie aussi de l’avantage stratégique de sa position centrale face à tous ses ennemis. Il peut faire circuler des renforts sur les points menacés du front selon ses lignes intérieures, ou surprendre ses adversaires par des concentrations subites créant un déséquilibre local à son profit. Il maîtrise la stratégie militaire de base, tout en faisant preuve souvent d’une excellence tactique sur le terrain, généralement supérieure à celle de ses opposants.

    LA SITUATION MILITAIRE DU CALIFAT EN SYRIE ET EN IRAK

    Le Califat contrôle l’Ouest de l’Irak et tout l’Est de la Syrie, soit une population arabe sunnite de l’ordre de 10 millions de personnes. Ses forces armées, alimentées par une conscription obligatoire, et des volontaires étrangers, s’élèveraient à plus de 100 000 hommes. Nous faisons nôtre cette évaluation des services secrets iraniens, qui sont sur place en première ligne, plutôt que celle de Paris à Washington, qui voulaient jusqu’à la semaine passée incluse minimiser le péril, par obsession anti-Assad, et proposent des évaluations ridicules de l’ordre de 30 000 hommes: à ce niveau, le Califat aurait été vaincu entre l’automne 2014 et cet été 2015. La motivation, globalement supérieure à celle de leurs adversaires, des djihadistes du Califat est aussi un facteur important, mais pas seulement. Le Califat dispose d’armement lourd, alimenté – volontairement? – par les aides turques, américaines, françaises, aux rebelles syriens, et par les captures massives de matériels d’unités de l’armée irakienne ou syrienne vaincues. Ainsi le Califat dispose-t-il de davantage de chars que l’armée française, ce qui n’est certes pas difficile. L’armée du Califat sait user de tous les types d’armement, de toutes les tactiques, de la guérilla au choc frontal classique. Les bombardements aériens réguliers des États-Unis ou de l’Iran, ainsi que de leurs alliés, ont empêché tout assaut massif sur Bagdad, et permis de contenir les avancées du Califat, voire de le forcer à reculer quelque peu, en détruisant toute concentration de matériel lourd, artillerie et chars, trop visible du ciel, donc vulnérable.

    Il a maintenu des positions avancées, dans l’Ouest de la Syrie, conquise au printemps 2015, à Palmyre, trésor archéologique mondial en cours de destruction volontaire, et dans les banlieues orientales des deux plus grandes villes de Syrie, Damas et Alep. Il contrôle aussi des poches rurales dans l’Ouest, et peut ainsi agir dans une zone encore majoritairement sous l’autorité du Baas, ou secondairement des insurgés djihadistes concurrents d’Al-Qaïda souvent plus ou moins camouflés sous l’étiquette d’Armée Syrienne Libre – les “modérés” imaginaires de Hollande et de Fabius. Via ces poches, les cadres et des bataillons du Califat circulent et s’infiltrent assez facilement au Liban voisin. Le Pays aux Cèdres subit depuis 2012 une guerre civile larvée, heureusement pour lui bien moins intense qu’en Syrie, entre le camp djihadiste sunnite, dont le Califat désormais dominant en son sein, et le camp chiite, coordonné par le Hezbollah. Le 12 novembre, un quartier chiite de Beyrouth, contrôlé par le Hezbollah, a subi un attentat terroriste du Califat, qui a causé au moins 45 morts et plus de 240 blessés.

    L’intervention massive iranienne au printemps 2015, et russe à l’automne, ont stoppé la progression du Califat, mais ne l’ont pas refoulé, de manière significative, pour [ad p 9] l’instant. Les forces russes ont aussi bloqué la progression d’Al-Qaïda vers Lattaquié, port vital, qui aurait pu causer un effondrement des autorité baasistes syriennes. Cet effondrement, souhaité encore officiellement par Hollande et Fabius, créerait un vide du pouvoir immédiatement rempli par le Califat, évidemment. La situation générale reste fragile sur ce front.

    En Irak, le Califat vient de perdre la position de la ville et de la montagne Sinjar, soit une importante route dominant la plaine de Mésopotamie. C’est une victoire non négligeable pour les forces armées kurdes, qui ont bénéficié d’un appui aérien américain massif pour réaliser cette opération. Le Sinjar est la montagne-refuge traditionnelle des Yézidis, des Kurdes adhérant à une forme particulière du zoroastrisme; la prise de ce canton avait été un drame absolu à l’été 2014 pour ces Yézidis, souvent massacrés par le Califat, ou convertis de force à l’Islam comme ce fut le cas pour les femmes et les enfants massivement enlevés. Il n’est pas certain du tout que des Yézidis reviendront, et les montagnes ont toutes les chances d’êtres repeuplées de Kurdes musulmans sunnites. Les Yézidis risquent toujours de disparaître, et quoi qu’il proclame à destination de l’étranger, il n’est pas certain que l’ensemble de la société kurde s’en émeuve particulièrement.

    Sur le plan purement théorique, les forces kurdes pourraient et devraient prolonger leur avance sur ce front septentrional ébranlé du Califat, pour couper vraiment la liaison la plus directe entre Mossoul et Raqqa, voire commencer à encercler Mossoul, en l’isolant par l’Ouest, alors qu’elle est déjà proche du front kurde au Nord et à l’Est. Elles n’en feront probablement rien, tant elles sont divisées entre elle. Les bataillons kurdes victorieux ont été surtout ceux du PYD, voire franchement du PKK, des Kurdes marxistes-léninistes de Syrie, ou un peu de Turquie – chiffon-rouge pour Ankara. Les Kurdes conservateurs d’Erbil, Kurdes d’Irak, ne veulent surtout pas d’une implantation durable de ces Kurdes syriens sur un territoire qu’ils considèrent comme le leur. Donc, il serait déjà bon qu’ils ne se battent pas entre Kurdes, chose en soi pas impossible, quant à exploiter de façon unie et coordonnée leur récente victoire, cela paraît hors de portée.

    Sur le front méridional irakien du Califat, l’armée irakienne, et surtout les milices chiites, beaucoup plus motivées, mènent de durs combats dans Ramadi, ville-symbole à l’Ouest de Bagdad, perdue au printemps 2015. Outre l’aspect symbolique, venger une défaite particulièrement humiliante, il y a la volonté de sécuriser Bagdad, en expulsant le Califat de la province d’Al-Anbar, voisine de la métropole irakienne. Outre le cas de Ramadi, de furieux combats ont lieu dans plusieurs villes de cette province, dont Falloujah. Il n’est pas certain que les autorités de Bagdad et leurs alliés soient assez forts pour l’emporter. S’ils le sont, leur victoire déboucherait sur des représailles massives des chiites contre les populations sunnites locales, ce qui engendrerait un flux important de plusieurs millions de réfugiés, encore, avec un certain nombre de terroristes parmi eux, évidemment.

    LE DOUBLE JEU TURC

    Le pays-clef, absolument essentiel pour le destin de la Syrie et de l’Irak, est la Turquie. Elle pourrait par sa puissante armée de plusieurs centaines de milliers d’hommes, ses milliers de chars, ses centaines d’avions et d’hélicoptères, balayer en quelques jours le Califat, prendre Mossoul et Raqqa, quitte à balayer au passage les forces kurdes du PYD. Mossoul fait partie de la vieille revendication territoriale turque, formulée dès 1920 par Mustafa Kemal. Elle s’appuie sur la présence de populations historiques turcomanes, donc turques, aujourd’hui pratiquement disparues ou très minoritaires.

    Officiellement la Turquie participe depuis les attentats commis en juillet 2015 sur son sol à la coalition internationale contre le Califat. Bien qu’hypothèse alors crédible, sérieusement planifiée par l’armée turque, depuis plusieurs années, l’invasion terrestre turque massive n’a pas eu lieu. Pourquoi? En fait, le double jeu du parti islamiste turc AKP au pouvoir à Ankara a été sans cesse poursuivi. Islamiste sunnite aussi, il reste relativement proche idéologiquement du Califat. Il déplore ses excès et ses prétentions, ne le reconnaît certes pas, mais ne le considère décidément pas comme un ennemi véritable, et encore moins comme l’adversaire principal de la Turquie. Depuis cet été, de rares avions américains, basés dans le Sud-Est de la Turquie, ont bombardé les troupes du Califat, avec une intensité faible, et c’est semble-t-il tout. L’armée turque a en revanche relancé des opérations militaires intenses contre les insurgés kurdes de Turquie, encadrés par la guérilla marxiste-léniniste du PKK, et intervient militairement en Syrie du Nord, par des bombardements, ou des raids-commandos réguliers, contre la branche locale du PKK, le PYD. Le PYD est l’ennemi commun du Califat et d’Ankara; donc ils se combattent d’autant plus mollement, sinon pas du tout. Quant aux attentats qui ont frappé depuis cet été la Turquie, ils ont touché concrètement des foules de Kurdes de Turquie, ce qui, au-delà de la façade de déclarations de principe contre le terrorisme inadmissible sur le territoire turc, n’a pas dû trop peiner in petto les autorités turques, autant militaires que politiques.

    Le double jeu de la Turquie, qui bénéficie largement au Califat, se poursuit donc. Ankara n’a pas coupé l’artère vitale de ravitaillement du Califat, qui traverse la frontière turco-syrienne, entre Alep et l’Euphrate. Pire, nos camarades grecs de l’Aube Dorée nous ont signalé un très possible complot islamiste turco-arabe contre la Grèce et l’Europe. L’invasion migratoire que nous subissons, serait-elle coordonnée entre le Califat et Erdogan? Les flux de “migrants” submergent en de très nombreux endroits de Grèce et des Balkans les populations locales, chrétiennes et démographiquement en déclin. Les ambitions néo-ottomanes de la Turquie d’Erdogan visent peut-être davantage l’Europe, marquée par la présence turco-musulmane jusqu’en 1912, et des “reconquêtes” – de leur point de vue à terme. Ainsi, les îles grecques voisines de la Turquie, Lemnos, Lesbos, Chios, Samos, Rhodes, ethniquement grecques hier, chrétiennes, ont aujourd’hui des populations de fait majoritairement musulmanes. Le même phénomène est observé en Thrace grecque, appuyé en outre par la minorité turque locale, très nombreuse, qui déploie avec ostentation des trésors de solidarité islamique pour les “migrants”. Ce que la gauche grecque de SYRIZA au pouvoir trouve absolument formidable évidemment… Or, ces régions grecques limitrophes de la Turquie, font partie, comme Mossoul, des revendications traditionnelles de l’État turc. Nos camarades de l’Aube Dorée sont donc à juste titre très inquiets pour l’avenir de l’unité territoriale de la Grèce, déjà scandaleusement réduite par rapport aux territoires grecs traditionnels, comportant une large partie de l’Asie Mineure Occidentale, complètement turquifiée et islamisée après la victoire militaire de Mustafa Kemal en 1922.

    On parle parfois en France, à juste titre, du génocide des Arméniens, avec près de 2 millions de morts, de cette petite chrétienté d’Asie Orientale physiquement détruite par l’Etat turc, de manière continue des années 1890 à 1920. On oublie trop souvent le génocide des Grecs d’Anatolie, aux centaines de milliers de morts. La majorité des Grecs, plus de 2 millions, ont certes pu fuir en Grèce, mais ils ont subi aussi moult massacres, à peu près sur la même période que les Arméniens, faisant 700 000 morts environ.

    Voilà la culture de ce Proche-Orient mahométan, turc, kurde, arabe, qui n’a guère varié depuis un siècle. Autant en Irak et en Syrie qu’en Turquie, la tendance culturelle majeure est d’ailleurs plutôt à la franche régression, ou, de leur point de vue, au retour aux sources, à la pureté de l’âge de Mahomet.

    Il reste qu’aucune victoire durable contre le Califat ne semble possible sans la Turquie. Et les autorités d’Ankara ne semblent décidément pas disposées en l’état à renoncer à leur double jeu trop visible. Pour basculer, il faudrait vraiment des vagues d’attentats sanglants du Califat en Turquie tuant des milliers de Turcs ethniques, chose pas impossible, mais qui n’a pour l’instant pas eu lieu.

    LE CALIFAT DANS LE MONDE, UNE PRÉSENCE RÉELLE

    Le cœur du territoire du Califat est indiscutablement formé par l’Irak et la Syrie. Il paraît devoir durer là-bas. Il contrôle aussi des régions diverses du monde musulman: des groupes djihadistes locaux lui ont fait allégeance. Ils l’ont reconnu par communauté idéologique. Ces liens relèvent aussi de l’alliance bien comprise, mutuellement bénéficiaire, ne serait-ce qu’en notoriété, le Califat gagnant à être de plus reconnu dans le monde musulman, tandis que ses affiliés gagnent eux aussi en terme de visibilité internationale et de prestige, face à leurs ennemis ou rivaux islamistes locaux. Ainsi un obscur groupe islamiste indonésien ou philippin devient-il célèbre dans le monde entier en affirmant reconnaître le Calife Abou-Bakr II.

    La restauration du Califat, cet acte symbolique si fort, si fondamental, a permis d’obtenir des ralliements de groupes indépendants ou tenant pour le concurrent Al-Qaïda, dépourvu du prestige califal. Ainsi, Boko Haram, qui ravage tout le Nord-Est du Nigeria, ou les Shebabs, qui mènent une guérilla intense au Sud et dans le Centre de la Somalie, se sont-ils ralliés au Califat. De même, de nombreux groupes djihadistes sunnites libyens ou yéménites, qui disposent de réelles poches de contrôle territorial, dans des États éclatés, disparus, comme la Libye ou le Yémen, y jouent-ils désormais un rôle politico-militaire essentiel.

    En Libye, complètement éclatée territorialement, à la guerre civile structurelle sans issue visible, le Califat paraît la seule alternative crédible, du moins la seule alternative à la partition – refusée pour des motifs complexes par beaucoup d’acteurs. Présent à peu près partout en Libye, avec pour place-forte principale l’important port de Syrte, le Califat pourrait un jour s’emparer du pays, bénéficiant du soutien au moins passif de populations lassées, et culturellement pas hostiles à un islamisme strict. De la Libye, les groupes armés du Califat rayonnent sur l’ensemble du Sahel, dont le Niger et le Malin voisins, sauvés de justesse par une présence de l’armée française, qui ne pourra pourtant pas s’éterniser, et ont établi des cellules jusqu’en Mauritanie et au Sénégal. Le Sénégal est d’ailleurs traversé aujourd’hui par un grand débat citoyen sur le thème: « il ne faut pas donner la citoyenneté sénégalaise à n’importe qui ». Cette vérité universelle, de bon sens, reste indicible en France…

    Le Califat se consolide au Sud du Yémen, en zone sunnite, et dans les confins de l’Afghanistan et du Pakistan. Au Yémen, il a réussi à infiltrer les milices d’autodéfense sunnites opposées aux Houthis, chiites yéménites alliés de l’Iran. Il a pris le contrôle de localités de l’Est semi-désertique du pays, et de quartiers d’Aden. Il profite du chaos général, de la situation humanitaire catastrophique, avec 19 des 24 millions de Yéménites en situation de très grande précarité, d’une ambiance apocalyptique qui correspond à son idéologie profonde, pour recruter.

    Dans les montagnes des confins afghano-pakistanais, il a obtenu le ralliement des Talibans les plus fanatiques, ceux qui refusent toute forme de trêve de fait avec l’armée pakistanaise, jugée corrompue (ce qui n’est pas faux) et apostate de l’Islam (ce qui n’est pas vrai). La pensée est la même pour les Talibans afghans ralliés au Califat, qui considère le successeur du Mollah Omar, le Mollah Mansour, comme une créature des services secrets pakistanais, et qu’ils refusent à ce titre. Dans tous ces pays, le Califat joue des rivalités tribales traditionnelles. Contrairement au cas libyen, le Califat ne paraît pas en mesure de s’imposer sur la totalité du Yémen, ou de l’Afghanistan et du Pakistan, mais il peut s’assurer le contrôle de vastes régions.

    QUID DE LA FRANCE ET DE L’EUROPE?

    De façon générale, certaines cellules du Califat sont présentes dans tout le monde musulman sunnite, y compris dans des quartiers de villes islamisées de France et de Belgique, comme l’a rappelé l’actualité récente la plus tragique. L’invasion migratoire en cours, encouragée par l’Union européenne avec sa politique autoritaire de “répartition”, permettra leur implantation vraiment partout, du Portugal à la Finlande. Envoyer 10 avions larguer 20 bombes sur Raqqa, ville principale du Califat en Syrie, ne constitue certainement pas un « raid massif », comme il a été claironné par une presse aux ordres inconsciente du ridicule dimanche soir. Bombarder des zones aux mains du Califat n’est pas mauvais en soi, mais les effets profonds ne sont pas évidents.

    C’est surtout passer complètement à côté de la seule vraie solution, dont le Système refuse absolument d’entendre parler, la re-migration massive, totale, des dizaines de millions de mahométans actuellement présents en Europe, de plus en plus nombreux, et qui n’ont rien à y faire. Les profils des tueurs de Paris sont éloquents: ils vont des “migrants” les plus récents à des “Français” ou des “Belges” de par le droit du sol, mais tous appartiennent à un champ culturel massivement et irrémédiable hostile à la France et à l’Europe.

    La solution ne réside certainement pas non plus dans la “Laïcité”, grand argument de la gauche patriotique. En effet, ce concept n’existe pas en tant que tel en Islam, et son emploi ne changerait rien dans leur compréhension hostile de l’Occident: l’athéisme pratique, déguisée en laïcité, suscite d’ailleurs en eux bien davantage de mépris et de haine que la chrétienté, disparue hélas depuis fort longtemps, et qu’ils entendent combattre dans leurs discours actuels. La seule solution est décidément la remigration totale, ce que l’on entend trop peu, voire pas du tout, dans la gauche patriotique, et bien évidemment a fortiori dans tous les partis mondialistes et immigrationnistes du Système.

    Scipion de SALM

    Source: Rivarol, 19.11.2015, n° 3211, pp. 8 et 9

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    Quelques éléments de réflexion sur l'affrontement avec les islamistes.

    Général  Antoine Roch Albaladéjo
    Ancien De La Légion Etrangère

    Article plus que jamais d’actualité, initialement publié le 18 juillet 2013

     

    Quelques éléments de réflexion sur l’affrontement avec les islamistes.

    Il me semble que la plupart des consultants et journalistes auto proclamés spécialistes ès Afrique ou ès stratégie tournent beaucoup en rond.

    Peu nombreux sont ceux qui nous rappellent que nos ennemis ont une mentalité qui n’a rien à voir avec la nôtre. Que pour eux la vie humaine et la vérité ne comptent pas.

    Ainsi…

    • Au Nord du Mali, une forte troupe d’islamistes puissamment armés décide d’attaquer une patrouille de reconnaissance Française. Bien qu’elle dispose de l’avantage de l’attaquant (terrain favorable, etc…) et de l’effet de surprise, son bilan est lamentable : 1 soldat Français tué, une trentaine d’islamistes abattus.

    Pour les soldats Français, qui honoreront leur camarade comme il le mérite, ce n’est pas une défaite.

    Les journalistes, eux, insisteront davantage sur la perte de ce soldat, certes tragique, 2ème mort au Mali, etc…

    Certains mêmes insinueront un peu perfidement que si nous avons mis hors de combat une vingtaine d’ennemis (chiffre réduit on se demande pourquoi) c’est grâce aux hélicoptères et à l’aviation. Et alors, une roquette contre un nid de mitrailleuses ou un dépôt de munitions serait-elle moins propre qu’une bombe en ville ?

    Les journalistes préfèreraient-ils déloger les mitrailleuses au corps à corps, comme en 14-18 ?

    Quant aux islamistes qui se moquent de leurs pertes (ce sont des martyrs en route pour leur paradis), ils crient victoire…

    Un légionnaire tué, ça va se fêter dans les foyers où le héros n’est pas le soldat Français mais l’assassin Mérah.

    • En Somalie les Forces Spéciales Françaises interviennent pour libérer un otage : elles vont se heurter à une force dont le volume, la rapidité et la violence de la réaction laissent supposer qu’elle avait été alertée… L’otage est assassiné, 2 soldats Français seront tués et une vingtaine de djihadistes éliminés.

    Pour les soldats Français c’est un échec, parce que la mission, qui était de libérer l’otage, n’a pu être menée à bien.

    Les commentateurs eux, parleront d’échec, de catastrophe, mentionneront à peine la vingtaine de terroristes tués et ne se demanderont pas pourquoi ce pauvre otage était aussi bien gardé, par des gens aussi bien armés et en alerte maximale, sans que nos forces s’en doutent : ont-ils eu peur de ce qu’ils pourraient découvrir ?

    Pour les islamistes, ce seront des hurlements de victoire (c’est pour cela sans doute, qu’alertés, ils n’ont pas fui comme le firent naguère Kadhafi à Tripoli devant les Américains ou le hezbollah à Baalbec devant les Français, espérant causer de lourdes pertes aux Français), de nouveaux martyrs et des you-you dans les chaumières.

    Alors, me direz-vous, que faire ?

    1° ouvrir les yeux et admettre une bonne fois pour toutes que les islamistes ont déclaré la guerre à l’occident, avec la France en première ligne.

    • Se persuader que cette guerre ne se fera pas sans mort, sans prise d’otages et autres attentats,
    • qu’elle se fera aussi chez nous et donc qu’il faudra nous montrer plus vigilant et moins vulnérable y compris émotionnellement.
    • Savoir que notre ennemi trouvera parmi nous des sympathisants et des complices dans tous les milieux et en plus grand nombre que ce ne fut le cas pour le FLN.

    2° Cesser de reculer devant les exigences toujours plus grandes de ces extrémistes et de leurs complices, qui, en affaiblissant notre culture et en imposant la leur, cherchent surtout à tester et à saper notre esprit de résistance.

    3° Agir en portant le fer là où apparaît un furoncle:

    • une immigration débridée qui rend insolubles les problèmes du logement, du chômage, de la dépense publique, ça se contrôle
    • des barbus, des imams ou des rappeurs qui appellent à la guerre sainte, à la haine et au crime, ça se sanctionne,
    • des quartiers qui caillassent les représentants de l’état, qui rackettent les artisans, ça se neutralise,
    • de discrètes écoles coraniques qui forment les djihadistes de demain, ça se ferme,
    • des clandestins, çà s’expulse, surtout les délinquants,
    • des subventions à toutes ces associations qui font leur beurre dans l’anti-France, ça se supprime,

    et …

    • on revoit nos programmes d’histoire, on jette la repentance aux orties, on laisse la transparence aux vitriers…etc…etc

    Et ne me dites pas qu’il s’agit là de racisme, de fascisme ou d’extrême droite ! Il s’agit de légitime défense et de résistance dans le respect de la loi, ni plus, ni moins !

    Vous pensez sans doute que ce n’est pas demain la veille…

    Je crois néanmoins que, sans un sursaut, le pays de la douceur de vivre, le plus beau pays du monde, risque fort de disparaître dans d’atroces soubresauts ou dans une coupable et morne résignation, pour être remplacé par un autre que certains, et pas des moindres, semblent appeler de leurs vœux , on se demande pourquoi, et qui commence à faire peur..

    Mais je me trompe peut-être… J’aimerais tellement avoir tort… Enfin, réfléchissez, ne soyez ni sourds, ni aveugles, ni muets !

    NB : Je sais que ce genre de texte va faire hurler à gauche mais je pense qu’il est important que des voix calmes et autorisées s’élèvent contre le politiquement correct qui, au nom de la non-stigmatiqation de l’islam, interdit la critique ou simplement la réflexion sur les dangers de l’islamisme.