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    La Légion Étrangère, le meilleur corps d armée du monde?

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    Depuis 1831, l'année de sa création, plus de 35 000 légionnaires sont tombés au champ d'honneur. "Étrangers devenus fils de France, non par le sang reçu, mais par le sang versé". La Légion étrangère a su traverser le temps et s'adapter aux techniques et aux missions d'aujourd'hui. Elle a su aussi garder intactes les qualités de cette vieille Légion dont Lyautey disait au Maroc :

    « On ne saurait proclamer trop haut les mérites de cette troupe admirable et la bonne fortune que c'est pour la France d'en avoir une telle à son service. »


    - Tout d'abord, un peu d'histoire :

    Louis-Philippe, roi des Français, crée la Légion étrangère le 9 mars 1831. Il introduit une nouveauté : regrouper ces étrangers au sein d'une même unité plutôt que de former des régiments par nationalité.

    Bâtie sur ce principe, la Légion se montrera à la hauteur de l'héritage glorieux que lui transmettent les 400 régiments étrangers qui l'ont précédée. Son efficacité est rapidement prouvée et elle sera employée sur tous les théâtres d'opérations en Europe et outre-mer. En un mot : partout où la France aura décidé d'engager ses armées.

    La légion se forme à partir des soldats de métier, sans emploi après les guerres impériales, et de révolutionnaires venus de l'Europe entière qui ont trouvé refuge en France. Les étrangers ont quitté précipitamment leur pays et n'ont plus de pièces d'état civil. Pour faciliter leur engagement, le législateur autorise les engagements sur simple déclaration d'identité. Cette disposition, simplement utilitaire à son départ, permet en pratique de commencer une nouvelle vie. Une grande partie du mythe de la Légion, et du mystère qui entoure le légionnaire, vient de cette "deuxième chance" que la Légion offre à ceux qui acceptent ses règles. La loi du 9 mars 1831 (entérinée par décret d'application le 10 mars) pose ainsi les deux principes essentiels qui fondent, encore aujourd'hui, la particularité de la Légion : le service à titre étranger et la possibilité de servir sous identité déclarée.

    En 1835, la Légion étrangère est cédée au gouvernement espagnol pour soutenir la reine Isabelle II dans sa lutte contre la rébellion carliste. Au cours de cette campagne naît l'amalgame, un principe toujours en vigueur de nos jours. Peu satisfait du système des bataillons par nationalités, le général Bernelle va brasser les légionnaires dans les unités, quelles que soient leur origine. Il impose également le français comme langue de commandement. La Légion y trouvera une cohésion jamais démentie.

    En Algérie, la Légion fait cruellement défaut et Louis-Philippe décide la création d'une nouvelle Légion. Cette légion, comme son aîné, va suivre un chemin glorieux qui lui permettra d'acquérir une certaine réputation : une troupe solide au feu, rustique et endurante, sur laquelle on peut compter en toutes circonstances.

    Sans interrompre son action en Algérie, la légion étrangère prend part aux guerres impériales, et notamment en Crimée puis en Italie, où elle s'illustre à Magenta.

    En 1863 La Légion étrangère part pour le Mexique et y conquiert son plus beau titre de gloire : le combat de Camerone. L'héroïque résistance de la compagnie du capitaine Danjou dans l'hacienda de Camerone. Ce combat sera adopté comme un symbole. Il s'agit, encore aujourd'hui, d'un modèle de comportement au combat dans toute la Légion. Faire Camerone devient alors l'expression qui illustre le sens du devoir lorsque les circonstances du combat deviennent défavorables...

    La France est en difficulté face à la Prusse. Une première : contrairement à ce que prévoyait l'ordonnance de 1831. En effet la légion ne devait pas prendre pied sur le territore national. la Légion est appelée à servir en France. Pour la première fois, elle incorpore également dans ses rangs des volontaires à statut particulier : les engagés volontaires pour la durée de la guerre. Malgré cet afflux massif de recrues, la Légion combat dans les rangs de l'Armée de la Loire et connaît l'amertume de la défaite.

    L'année 1883 voit la relance de la politique d'expansion coloniale de la France. Le gouvernement renforce les effectifs de la Légion et en fait le fer de lance de ces corps expéditionnaires. Au Tonkin, dès 1883, sur l'île de Formose (1885), au Soudan (1892-1893), au Dahomey (1892-1894), à Madagascar (1895-1905) et au Maroc (1900-1934), les chefs militaires et coloniaux apprécient la valeur exceptionnelle de cette troupe "à qui l'on peut tout demander". La réputation de la Légion étrangère est telle que le général Gallieni, désigné pour prendre le commandement du corps expéditionnaire de Madagascar formulera cette étonnante condition : " Je demande d'emmener avec moi 600 hommes de la Légion étrangère afin de pouvoir, le cas échéant, mourir convenablement "...

    Mais la Légion n'est pas seulement une troupe combattante. Dans la phase de pacification qui succède aux avancées de l'armée française, elle participe activement, par la qualité et l'ampleur de ses travaux de génie civil, à la mise en valeur de la colonie.

    La Légion est à l'œuvre au Maroc quand la Première Guerre Mondiale éclate. Une tradition, toujours en vigueur, s'applique alors : lorsque la France est en guerre, on demande aux légionnaires originaires du pays belligérant s'ils souhaitent ou non aller se battre contre leurs concitoyens. Le général Lyautey gardera ainsi les possessions françaises du Maroc, de 1914 à 1918, avec des légionnaires d'origine allemande. Les autres officiers généraux encadreront les volontaires étrangers qui, plus nombreux encore qu'en 1870, s'engagent pour défendre notre pays.
    Cinq régiments de marche sont constitués. En raison des pertes sévères, ils sont réunis en en seul le 11 novembre 1915, pour former le légendaire régiment de marche de la Légion étrangère. Le RMLE ramène de ces quatre années de guerre le Drapeau le plus décoré de l'armée française avec celui du régiment d'infanterie coloniale du Maroc.

    En 1939, la Légion présente le plus gros effectif de toute son histoire, avec plus de 45.000 hommes. La toute jeune 13° DBLE (demi-brigade de Légion étrangère) s'illustre à Narvik (Norvège), seule victoire française de la campagne de 1940. Elle entreprend ensuite une épopée qui la mènera de Bir Hakeim jusqu'à la victoire finale, aux côtés du 1°REC et du nouveau RMLE( nouveau car de nombreux régiment tel le RMLE ont disparues dans la tourmente de 1940.

    La guerre se termine en Europe mais les Japonais attaquent par surprise, le 9 mars 1945, l'ensemble des garnisons françaises d'Indochine. Une retraite épique, menée avec énergie par le général Alessandri, permet au 5°REI, le régiment du Tonkin, de se regrouper en Chine, après deux mois de marches et de combats.
    Avec plus de neuf mille morts, la Légion étrangère a lourdement contribué à la libération de l'Europe, sans pour autant connaître le repos dans les années suivantes.

    A partir de 1946, le 2e REI, la 13e DBLE, le 3e REI et le 1er REC débarquent successivement en Indochine. Ils sont bientôt renforcés par des unités d'un type nouveau : les bataillons étrangers de parachutistes. Dans cette guerre où le gouvernement ne veut pas engager le contingent, la Légion sera largement mise à contribution avec des effectifs qui atteindront dans cette période 30.000 hommes, dont une large majorité d'allemands. De Phu Tong Hoa à Dien Bien Phu, la Légion perd en Indochine 300 officiers dont 4 chefs de corps, et plus de dix mille sous-officiers et légionnaires. Cette campagne est la plus meurtrière de toute son histoire.

    Avant même que ne cessent les hostilités en Indochine, les premiers troubles apparaissent en Afrique du Nord. La Légion combat d'abord au Maroc et en Tunisie. En Algérie ensuite, où elle inflige de sévères pertes aux bandes rebelles. Malgré les résultats militaires des opérations, l'Algérie deviendra algérienne et les légionnaires devront quitter cette terre sur laquelle, cent trente ans plus tôt, leurs aînés avaient débarqué. En 1962, le monument aux morts et la maison mère quittent Sidi-bel-Abbès pour être implantés à Aubagne. La Légion va chercher à se créer de nouvelles racines.

    Engagée sans relâche au combat depuis sa création, la Légion aborde les années soixante dans une configuration totalement nouvelle. A l'instar du reste de l'armée, ses effectifs ont été largement diminués et son centre de gravité s'est déplacé en métropole. Elle conserve néanmoins une forte vocation à l'emploi outre-mer et puis maintient une présence importante. Des garnisons sont créées à Madagascar, en Guyane, à Djibouti, en Polynésie française et dans l'archipel des Comores. Dans ces années où le baroud se fait rare, le légionnaire va trouver l'occasion de se dépasser en se lançant dans des chantiers dignes de ses anciens du Maroc. Le 5e RE crée en Polynésie les infrastructures nécessaires aux essais nucléaires français. En Guyane, le 3e REI accomplit des exploits pour percer la route de l'Est et aménager le site de lancement du centre spatial guyanais. En métropole, le 61e BMGL puis la CRTLE travaillent à la construction de pistes dans les grands camps militaires du Sud de la France (dans le Larzac ou à Canjuers par exemple).


    La Légion est engagée au Tchad de 1969 à 1970, et y retournera de 1978 à 1988. En 1978, les feux de l'actualité se braquent le 2e REP. L'audacieuse opération aéroportée menée sur Kolwezi (Zaïre) permet au régiment de sauver la population européenne du massacre. En 1983, la Légion s'engage à Beyrouth, dans le cadre de la Force multinationale de sécurité.

    En 1991 , lors de la guerre contre l'Iraq, plus de 2500 légionnaires participent au sein de la division Daguet, à l'opération victorieuse Tempête du désert. Le 1e REC, le 2e REI et le tout jeune 6e REG y gagneront chacun une citation à l'ordre de l'armée. Les opérations vont ensuite se multiplier pour la Légion et le reste de l'armée française, dans un cadre qui devient multinational.

    L'année 1992 marque le début des actions de maintien de la paix sous l'égide de l'ONU. La Légion intervient au Cambodge (1992-1993), en Somalie (1992 et 1993), au Rwanda avec l'opération Turquoise (juillet à septembre 1994). Depuis 1993, les unités Légion se succèdent en ex-Yougoslavie dans le cadre des mandats fixés à l'armée française.

    En 2004, la Légion est engagée en Côte d'Ivoire, à Haïti ou en Afghanistan. Début 2005, les soldats-bâtisseurs du 1er REG et de la 13e DBLE apportent leur aide aux populations sinistrées d'Asie du sud-est. Maintien et rétablissement de la paix, interposition, contrôle de foules, ou collecte d'armes : les légionnaires s'adaptent à leurs nouvelles missions. En ce moment, des légionnaires du 1 er REC sont toujours présent en Afghanistan. - La Tradion à la Légion Etrangère :

    Le code d'honneur :

    Si la légion est si disciplinée, ce qui est particulièrement durs dans des régiments étranges ou les hommes ont des cultures différentes, c'est qu'elle a su mettre en place des règles simples. Voici le code d'honneur du légionnaire, véritable guide du comportement :

    Article 1 :
    Légionnaire, tu es un volontaire servant la France avec honneur et fidélité

    Article 2 :
    Chaque légionnaire est ton frère d'arme, quelle que soit sa nationalité, sa race, sa religion. Tu lui manifestes toujours la solidarité étroite qui doit unir les membres d'une même famille.

    Article 3 :
    Respectueux des traditions, attaché à tes chefs, la discipline et la camaraderie sont ta force, le courage et la loyauté tes vertus.

    Article 4 :
    Fier de ton état de légionnaire, tu le montres dans ta tenue toujours élégante, ton comportement toujours digne mais modeste, ton casernement toujours net.

    Article 5 :
    Soldat d'élite, tu t'entraînes avec rigueur, tu entretiens ton arme comme ton bien le plus précieux, tu as le souci constant de ta forme physique.

    Article 6 :
    La mission est sacrée, tu l'exécutes jusqu'au bout, dans le respect des lois, des coutumes de la guerre et des conventions internationales et, si besoin, au péril de ta vie.

    Article 7 :
    Au combat, tu agis sans passion et sans haine, tu respectes les ennemis vaincus, tu n'abandonnes jamais ni tes morts, ni tes blessés, ni tes armes.

    (Chaque jeune légionnaire le reçoit dans sa langue maternelle)


    - Les festivités

    Deux fêtes ont un éclat particulier à la Légion :

    - Camerone , fête de la tradition militaire légionnaire. La cérémonie a lieu a Aubagne. Il y a une prise d'arme qui traditionnellement et suivie d'une journée porte ouverte a laquelle sont invité les ancien et les habitants d'Aubagne
    " Ils furent ici moins de 60, opposés à toute une armée. Sa masse les écrasa. La vie plutôt que le courage abandonna ces soldats français, le 30 avril 1863 ".

    - Noël , fête de la famille légionnaire. Pour la plus part des légionnaires, la légion, c'est leur famille et leur patrie. Legio Patria Nostra. C'est pour cela que tout les hommes de la Légion , officiers, sous-officiers et hommes du rang se retrouvent la nuit de Noël autour de crèches, de cadeaux et de chants.

    La musique a aussi une grande place dans la Légion :

    On connaît surtout sa participation aux grandes manifestations militaires. Son passage sur les Champs Elysées le 14 juillet, ouvrant le défilé de la Légion, est sans doute l'image la plus connue du grand public. La musique de la Légion étrangère est également très demandée, en France comme à l'étranger, dans les festivals internationaux de musique militaire.

    Les légionnaires ont adopté une marche qui leur vaut d'avoir des emplacements particuliers dans les défilés. En effet, la Légion marche plus lentement que les autres corps d'armée. Elle a donc des musiques de marche spéciales dont la plus connue est sûrement Le Boudin. Les origines du mot, comme celles du célèbre refrain, sont assez mal connues. Il s'agirait du rouleau parfait de la toile de tente fixée sur le sac et que l'on appelait volontiers "boudin". C'est peu de temps avant le départ du régiment étranger pour le Mexique que Monsieur Wilhem, chef de musique, composa cette marche qui est devenue la marche de la Légion étrangère.

    - Les tenues et les symboles de la Légion

    Le képi blanc est le symbole du légionnaire dans le monde entier. A l'origine, il s'agissait en fait d'un couvre képi de couleur kaki, comme en portaient toutes les unités qui participaient à la pacification du Maroc. A la Légion, sous la double action du soleil et des lavages répétés, il prit vite un aspect immaculé et devint l'objet de fierté des anciens. Il fera sa première grande apparition officielle à Paris le 14 juillet 1939 et son port sera étendu à tous les régiments à la fin de la guerre. Il n'est porté que par les militaires du rang, les sous-officiers et les officiers portent le képi noir frappé de la grenade à sept flammes.

    Cette grenade est un symbole largement utilisé. On la retrouve en motif ornemental dans la décoration des quartiers, sur le fanion des compagnies et des escadrons, sur les épaulettes de tenue de sortie ou sur les insignes de béret. Ornement réservé à certaines unités d'élite, elle a été officialisée à la Légion en 1874 et a pris progressivement son allure actuelle, avec ses sept flammes dont deux en retour et la bombe évidée.
    Sur les épaulettes, la grenade est surmontée des trois chevrons verts distinctifs de la Légion. Les trois chevrons sont portés par les unités qui, comme la Légion étrangère, appartenaient à l'ancienne armée d'Afrique. Sur les insignes de béret, le corps de la bombe porte le numéro du régiment. Initialement, cette coiffure fut adoptée par les légionnaires des bataillons étrangers de parachutistes du corps expéditionnaire d'Indochine en 1948, tandis que les autres formations de Légion avaient conservé leur képi blanc. A partir de la Guerre d'Algérie, l'usage du béret vert fut généralisé à l'ensemble de la Légion.

    La cravate verte portée aujourd'hui par les légionnaires fut adoptée en 1945, après la découverte par le Régiment de marche de la Légion étrangère d'un important stock provenant des chantiers de jeunesse. Les cravates venaient à point nommé pour équiper les formations de la Légion au sein desquelles cet effet d'habillement faisait cruellement défaut. Elle devint réglementaire en 1946.


    - La Légion Etrangère aujourd'hui

    La Légion occupe une place particulière au sein de l'Armée française. Son histoire faite de gloire et d'héroïsme, son efficacité au combat, le mystère qui, à tort ou à raison, entoure toujours le passé de ses hommes, lui valent l'incontestable attachement de la Nation.En 2005, environ 8.000 hommes perpétuent cette tradition : 400 officiers, 1 600 sous-officiers et 6.000 légionnaires, repartis en de deux types de régiments :


    Les régiments  qui assurent l'administration et l'instruction.
    1e RE et 4e RE.

    Ils assurent l'administration générale de la Légion, au profit du Commandement de la Légion étrangère (1e RE) et l'instruction des légionnaires et cadres (4e RE).

    Les regiments de combats 

    Cinq régiments sont stationnés en métropole et directement projetables :

    Le 1 er REC.

    Le 1 er REG

    Le 2éme REG

    Le 2éme REI

    Le 2éme REP

    La Légion étrangère compte trois formations stationnées hors métropole :

    Le 3éme REI(Guyane)

    La 13 éme DBLE(Djibouti)

    Le Détachement de la Légion Etrangère à Mayotte

    Ces 10 régiments sont subordonnés directement au commandement de la Légion Étrangère.
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    6 juillet 1962

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    Le problème des radicalisés dans l’armée

    Le problème des radicalisés dans l’armée

    En 2015, le ministère de la Défense confirme qu’une dizaine d’anciens militaires français ont rejoint des réseaux djihadistes.

    Ancien officier de Gendarmerie

    Diplômé de criminologie et de criminalistique

     
     
     

    Juillet 2015 : trois apprentis terroristes sont arrêtés alors qu’ils planifiaient un attentat contre le site militaire du Fort Béar dans les Pyrénées-Orientales. Cet ancien fort désaffecté est utilisé comme base par le Centre national d’entraînement commando (CNEC) de l’armée de terre. Les interpellés prévoyaient de décapiter un militaire et de filmer leurs méfaits dans un lieu symbolique, puisque viennent s’y entraîner les forces spéciales françaises.

    Ce n’est pas la première fois que des tentatives de djihadistes en herbe sont déjoués et ce ne sera pas la dernière, mais l’inquiétant, dans cette entreprise, est que l’un des suspects était auparavant dans l’armée française. Djibril A., dit l’« émir », arrêté à Marseille, avait été matelot de première classe dans le fort qu’ils projetaient d’attaquer.

    Cet incident pose la question de la radicalisation dans les armées, question qui, comme le serpent de mer, revient chaque année avec un peu plus de force car, chaque année, les terroristes islamistes font davantage parler d’eux. Fin 2008, certains musulmans du 1er régiment d’infanterie refusent d’aller se battre en Afghanistan…

    En 2013 le colonel Rolez, adjoint au sous-directeur contre-ingérence à la Direction de la protection et de la Sécurité de la Défense (DPSD) explique : « Notre focus, aujourd’hui, est devenu la lutte contre le terrorisme islamiste. Nous constatons une augmentation de la radicalisation parmi les militaires français, notamment après l’affaire Merah. »

    En 2015, le ministère de la Défense confirme qu’une dizaine d’anciens militaires français ont rejoint des réseaux djihadistes, notamment l’organisation État islamique.

    Il y a quelques jours, un rapport parlementaire révélé par le député Olivier Audibert-Troin indique qu’une cinquantaine de dossiers de radicalisation font l’objet d’un suivi. Ce qui n’est pas considérable, lorsqu’on sait que la France compte 270.000 soldats. Pourtant, le ministère ne tarde pas à réagir en minimisant ce chiffre, parlant seulement d’une dizaine de radicalisés, surveillés de près par la DPSD avec l’aide de la DGSI.

    On sent combien ce dossier est sensible aux réactions qu’il suscite. Cette sensibilité est due aux diverses opérations que certains musulmans pourraient entreprendre dans l’armée :

    – Aujourd’hui, entre sept et huit Français sur dix ont une bonne image de la grande muette. Demain, si nos concitoyens apprennent qu’un attentat a été commis par ou avec l’aval de militaires musulmans, cette image disparaîtrait et le recrutement en serait largement affecté.

    – Un soldat radicalisé utilisant son arme pour tuer des Français créerait une défiance chez nos concitoyens et mettrait un terme à l’opération Sentinelle.

    – Des djihadistes pourraient s’instruire dans nos casernes dans le seul but d’aider Daech. Apprendre à tirer, mais aussi à fabriquer et manipuler des engins explosifs, c’est ce qui se fait naturellement dans l’infanterie, dans le génie ou chez les commandos. Par ailleurs, d’autres dans les bureaux, ayant une habilitation « secret défense », pourraient obtenir des informations classifiées sur des théâtres extérieurs.

    – Enfin, l’armée française a enrôlé, en dix ans, une quarantaine d’aumôniers musulmans, alors que les Américains n’en ont qu’une quinzaine, les Britanniques deux et les Allemands un seul. Ceci prouve la place que tiennent les musulmans au sein de la défense nationale. Aussi, que se passerait-il si une armée comportant plus de 30 % de partisans de l’islam était amenée à intervenir dans certains quartiers sur ordre du pouvoir politique ? On ne serait pas loin d’une guerre civile.

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    La Somme, bataille la plus sanglante de la Grande Guerre

     

    • Par Roland Gauron
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    INFOGRAPHIES - Le premier ministre britannique David Cameron, le président français François Hollande et la famille royale britannique commémorent ce vendredi le centenaire de la bataille de la Somme qui a fait 1,2 million de morts, blessés et disparus entre juillet et novembre 1916.

    Il est 7h30, en ce 1er juillet 2016, quand les sifflets des gradés résonnent sur la plaine picarde. Ainsi débute par cette journée ensoleillée la bataille de la Somme. Cinq mois plus tard, le 18 novembre, seul une dizaine de kilomètres auront été gagnés sur les lignes allemandes. Avec 1,2 million de morts, blessés et disparus, la bataille de la Somme marque l'affrontement le plus sanglant de la Grande Guerre. Ce vendredi, la famille royale britannique, le premier ministre David Cameron et le président François Hollande se retrouvent au mémorial de Thiepval pour commémorer son centenaire. À cette occasion, Le Figaro fait le point sur cette bataille restée, aux yeux des Français, dans l'ombre de Verdun.

     
    Sur les 120.000 Britanniques partis à l'assaut le 1er juillet, 40.000 sont blessés, 20.000 sont morts.

     

    ● Quel était l'objectif des états-majors alliés?

    En décembre 1915, à Chantilly, les états-majors alliés entérinent l'idée d'une vaste offensive sur la Somme pour repousser les Allemands vers la Belgique. En février, les plans sont arrêtés. Le 1er juillet, une soixantaine de divisions, majoritairement françaises, se lanceront sur un front de 70 kilomètres, entre Hébuterne et Lassigny. Seulement, la bataille de Verdun vient contrecarrer ce plan. Le front est réduit à 32 kilomètres. La France, contrainte d'envoyer des renforts dans la Meuse, ne mobilisera que 14 divisions sur les 39 initialement prévues. Le rôle primordial revient donc à l'armée britannique. Malgré tout, les Alliés disposent toujours de la supériorité numérique. À la veille de la bataille, ils ne doutent pas une seconde de la victoire.

    ● Pourquoi le plan des Alliés a-t-il échoué?

    Le 24 juin commence un bombardement d'artillerie d'une ampleur jusque-là inconnue. Les canons, disposés tous les 18 mètres environ, tirent, en l'espace d'une semaine, près d'1,5 million d'obus. Au matin du 1er juillet, les Britanniques font exploser une vingtaine de mines creusées sous les lignes allemandes. À La Boisselle, 27 tonnes d'explosifs créent un cratère de 100 mètres de diamètre et 30 de profondeur. Mais l'état-major allié a sous-estimé la solidité des défenses allemandes un système sophistiqué de tranchées, de blockhaus bétonnés sur des positions très avantageuses. Pendant les bombardements, les Allemands se sont terrés dans des abris jusqu'à 12 mètres de profondeur. De plus, l'équivalent d'un tiers des obus lancés n'a pas éclaté.

    ● Comment se déroule le premier jour de l'attaque?

    À 7h30, l'ordre est donné aux Britanniques, lestés par une trentaine de kilos d'équipements sur leurs épaules, d'avancer en ligne, sans courir. «Ils avançaient vers nous d'un pas lent et régulier, comme s'ils s'attendaient à nous trouver tous morts au fond des tranchées», se souvient un soldat allemand, cité dans le livre Le premier jour de la bataille de la Somme. Les Allemands attendent le dernier moment pour actionner les mitrailleuses. Dans l'heure qui suit l'offensive, les pertes sont estimées à près de 3000 par minute, soit 50 par seconde. Sur les 120.000 Britanniques partis à l'assaut ce jour-là, 40.000 sont blessés, 20.000 sont morts. C'est le jour le plus sanglant de l'histoire de l'armée britannique. Aucun assaillant n'arrive à atteindre leurs barbelés. Au sud, les Français progressent plus facilement.

    ● Quel est le bilan humain de l'attaque?

    Les pertes totales de la bataille sont estimées à 1.200.000 hommes, dont 420.000 dans le camp britannique et plus de 200.000 Français. Côté Allemands, 450.000 soldats ont été mis hors de combat.

     

    Pendant cinq mois, les assauts se succéderont et les Alliés avancent très peu. Mi-septembre, l'apparition des premiers chars d'assaut n'y changera rien. Le 18 novembre, l'offensive cesse. Bilan: les Français ont progressé de 5 à 8 kilomètres, les Britanniques d'environ 12 kilomètres. Les objectifs de la première journée ne sont même pas remplis. Quatre millions d'hommes ont été successivement impliqués dans la bataille, venus du Canada, Nouvelle-Zélande, Australie, Afrique du Sud, Inde... Les pertes totales de la bataille sont estimées à 1,2 million d'hommes, dont 420.000 dans le camp britannique et plus de 200.000 Français. Côté allemand, 450.000 soldats ont été mis hors de combat. La bataille de la Somme est l'affrontement le plus meurtrier de la Grande Guerre. Celle de Verdun a fait 750.000 tués, blessés et disparus.