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TBCH - Page 4

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    Agression des policiers : les assaillants ont un sentiment d’impunité

     
     

    C'est au niveau de la législation qu'il faut combattre la montée des violences à l'égard des policiers français estime le commissaire divisionnaire honoraire de la police nationale, délégue national à la sécurité de Debout la France, Eric Stemmelen.

    RT France : Ces dernières semaines, des policiers ont été agréssés par des groupes de jeunes à Viry-Chatillon, Mantes-la-Jolie, la Seyne-sur-Mer. Comment expliquer cette escalade de violence à l’égard des policiers ?

    Eric Stemmelen (E. S.) : L’explication est assez facile à donner. Cela fait à peu près 15 ans que cela dure et cela s’aggrave chaque année. Toute la presse française parle des jeunes qui attaquent la police. Mais ce ne sont pas les jeunes, ce sont les jeunes d’origine africaine ou maghrébine. En France on a l’interdiction de faire des statistiques ethniques, on n’a donc pas le droit de dire que ce sont des noirs, des blancs, des jaunes, etc. Or, en pratique, toutes ces agressions sont des agressions communautaristes, elles sont commises par des bandes de Français, pas par des étrangers. Ils se sentent impunis, puisqu’il faut prouver en droit français que tel individu a commis telle infraction. En d’autres termes que, quand vous avez une agression commise par 50 personnes sur des policiers, dans la rue, n’importe où, il faut démontrer que tel coup a été porté par un tel individu, or, les gens à l'origine de ces agressions sont masqués. Il faut donc relever les traces d’ADN, les photographies, etc. Ce sentiment d’impunité est renforcé par le fait qu’en France il y a environ chaque année à peu près 90 000 peines de prison qui ne sont pas exécutées, faute de place dans les prisons. En outre, il y  a une surpopulation pénale d’à peu près 25 000 personnes, alors que depuis 1875 il existe une loi qui dit : un détenu par cellule.

    En France c’est à peu près 750-800 zones de non-droit, des quartiers de ville où la loi républicaine ne s’applique pas ou s’applique mal

    Vous avez donc la conjugaison de bandes des délinquants à l'origine des agressions et violences et de la communautarisation. Ca n’est pas uniquement dans les banlieues parisiennes. En France c’est à peu près 750-800 zones de non-droit, des quartiers de ville où la loi républicaine ne s’applique pas ou s’applique mal. En plus, pour des incidents gravissimes, on envoie des CRS qui ne sont pas du tout adaptés pour faire des enquêtes. C’est une présence dissuasive, qui va durer quelques semaines, et, ensuite, les agressions continueront.

    RT France : Mais les autorités françaises nient l’existence de ces zones de non-droit…

    E. S. : Oui, c’est un mensonge d’Etat. Il y en a en France, on y applique la loi islamique ou même la charia. En plus, on a eu quelques affaires sensibles, notamment l’affaire Malik Oussekine en 1986, où un manifestant est mort d’une crise cardiaque à la suite du coup porté par les brigades d’intervention motorisées de la préfecture de police. Le gouvernement a interdit l’usage des motos tous-terrains, qui permettaient de chasser très rapidement les émeutiers.

    La criminalité de la population musulmane par rapport à celles d’autres religions plus importante

    Le pouvoir politique de gauche et de droite se permet d’intervenir en matière tactique, en matière de police, dans les aspects pratiques. C’est un cas unique dans le monde entier. Par ailleurs, il y a l’inquiétude politique d’avoir un mort sur les bras. On a eu des émeutes en 2005 : des jeunes français d’origine africaine se sont jetés pour échapper à un contrôle de police dans un transformateur électrique et sont morts. Il y a eu des émeutes pendant 15 jours en France. Mais c’était des émeutes raciales, et personne ne veut le dire. En France, sur la délinquance et la criminalité des personnes de confession musulmane vous avez 6% de la population musulmane. Dans les prisons françaises vous avez 60% des détenus qui font le ramadan. La criminalité de la population musulmane par rapport à celles d’autres religions est donc plus importante.

    RT France : Comment régler ce problème ? Y-a-t-il une faille au niveau de l’intégration de ces quartiers dans la société française ?

    E. S. : Oui. S’il n’y a pas de sanctions judiciaires, cela ne sert à rien. Or, il y a beaucoup de sanctions judiciaires qui ne sont pas appliquées. En 2012, les préfets de police déclaraient qu’il y avait 11 000 personnes connues des services de police pour avoir commis chacun plus de 50 infractions pénales. Des multirécidivistes qui sont tous en liberté.

    On a des procès qui peuvent attendre quatre ou cinq ans, ce qui n’a aucun sens ni pour les victimes, ni pour les auteurs

    C’est un problème, déjà, au niveau de la loi. On peut rétablir la loi anticasseur de 1970 prise après les événements de mai 68 et consistait d’une certaine manière à imputer une responsabilité collective et en créer une individuelle pour ceux qui participaient à des dégradations, même si on ne pouvait pas prouver que c’était telle dégradation qui avait été commise par tel individu. On pouvait donc sanctionner par exemple le fait de participer activement à un rassemblement dans lequel il y avait eu des violences, même si l’on a pas commis ces violences, on était puni de deux ans d’emprisonnement. Cela a été abrogé, parce que c’est un cumul d’inconvénient. En plus, on a énormément de droit procédural en France, droit qui est basé sur l’écrit, et, dès, qu’il y a une faute de procédure, toute procédure s’annule. Cela veut donc dire qu’on a des procès qui peuvent attendre quatre ou cinq ans, ce qui n’a aucun sens ni pour les victimes, ni pour les auteurs.

    RT France : Manuel Valls promet de construire plus de prisons pour résoudre le problème de surpopulation carcérale…

    E. S. : Ce n’est pas sérieux. D’abord, Manuel Valls a dit qu’on allait construire 10 000 places de prison en dix ans, en dix ans le gouvernement va changer. Il manque déjà 16 000 places, et on n’y arrivera pas. En plus, selon le rapport de l’inspection générale du ministère de Justice, en 2009, 82 000 peines de prison ferme étaient en attente d’exécution. En fait, il manque 40  000 places de prison en France. Après vous avez un discours politique de tolérance zéro : 10 000 places de prison en plus. Mais cela ne va résoudre strictement rien. Les djihadistes qui se radicalisent en prison se radicalisent parce qu’ils parlent.

    RT France : Comment donc peut-on lutter contre cette radicalisation dans les prisons ?

    E. S. : Il y a une manière très simple : isolement pour tout le monde, interdiction de parler avec les voisins, être seul en cellule. On ne peut pas se radicaliser quand on est seul.

    Les gens qui commettent un crime ou un délit sont sûrs de ne pas aller en prison

    RT France : Mais est-ce humain ? Qu'en est-il des droits de l'homme ?

    E. S. : Cela correspond à la loi françaisede 1875, mais on ne l’applique pas, parce que cela coûte cher. Au contraire, c’est le respect des droits de l’homme. Ce n’est pas le respect des droits de l’homme d’avoir trois ou quatre personnes dans la même cellule, des gens qui couchent sur des matelas par terre, parce qu’il n’y a pas de lits. Avoir des cafards en prison, c’est indigne des pays civilisés. En France on a 41 000 cellules avec une place de prison et 68 000 détenus. Plus tous ceux qui n’iront jamais en prison. En matière de criminologie cela veut dire que ce n’est plus du tout dissuasif, les gens qui commettent un crime ou un délit sont sûrs de ne pas aller en prison. En France, 17 % de condamnations pour crimes et délits sont les condamnations à prison ferme. 70 % des peines sont exécutées plus de sept mois après leur commencement. Ce n’est donc pas tellement la durée de la peine qui compte, mais la certitude d’avoir une peine.

    La France est le seul pays du monde où, le soir du Nouvel an, il y a 1 000 voitures brûlées

    RT France : Y-t-il des mesures de long terme pour lutter contre ce phénomène ?

    E. S. : Cela fait 50 ans que cela dure, ce n’est pas un phénomène qu’on pourra régler en un ou deux ans. Ce n’est pas un problème politique, parce que la gauche et la droite ont fait la même politique depuis 50 ans. Même Rachida Dati et Christiane Taubira ont fait voter au Parlement des lois pour dire qu’en dessous de deux ans de peine de prison ferme le tribunal avait le droit de ne pas faire exécuter la peine. L’objectif n’est pas du tout d’appliquer la loi, l’objectif est financier ! Tous les jours il y a un engorgement total des prisons, une explosion de la délinquance, du non-respect de l’autorité. Les attaques de policiers ne concernent que les policiers, c’est les professeurs, les postiers, les gendarmes, tout ce qui représente l’autorité de l’Etat. La France est le seul pays du monde où, le soir du Nouvel an, il y a 1000 voitures brûlées, où les journalistes parlent à la télé d'incivilités, alors qu'il s'agit d'infractions pénales très graves.

    Lire aussi : Les zones de non-droit en France : «Une situation d’échec assez évidente»

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    Le général Piquemal radié des cadres de l'armée

    • Par Delphine de Mallevoüe
    • http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/10/05/01016-20161005ARTFIG00263-le-general-piquemal-radie-des-cadres.php
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    INFO LE FIGARO - La justice a reproché à l'ancien parachutiste d'avoir organisé une manifestation non autorisée contre la politique migratoire à Calais le 6 février dernier. Le port de son uniforme lui est désormais interdit.

    Le général de corps d'armée Christian Piquemal, qui avait participé à une manifestation non autorisée contre la politique migratoire à Calais le 6 février dernier, est, selon nos informations, radié des cadres. Cette mesure disciplinaire très forte intervient comme une surprise, cinq mois après sa comparution devant le tribunal de Boulogne-sur-mer, d'autant que l'institution judiciaire l'avait finalement relaxé le 26 mai.

    Le général de 2e section, à la retraite depuis seize ans, ancien parachutiste et commandant de la Légion étrangère (de 1994 à 1999), était poursuivi pour «organisation d'une manifestation non autorisée» et «participation à un attroupement qui ne s'est pas dissous après sommation». Depuis sa relaxe, le général Piquemal s'estimait «totalement blanchi», le Parquet n'ayant pas fait appel de ce jugement. Mais sur le plan administratif, une procédure disciplinaire, lancée en mars par le ministre de la Défense, vient d'aboutir à sa radiation des cadres, le devoir de réserve du militaire étant au cœur du dossier. Le général, qui l'a seulement appris mi-septembre par un courrier recommandé, avait été entendu le 14 juin par le Conseil Supérieur de l'Armée de Terre (CSAT), siégeant disciplinairement à l'Hôtel des Invalides à Paris. L'instance avait transmis son avis consultatif - non communiqué au général ni à ses deux avocats - au ministère de la Défense, et la radiation avait ensuite été prise par un décret du 23 août signé par le président de la République, le premier ministre et le ministre de la Défense.

    «Le plus inacceptable pour moi, c'est d'être mis au ban de cette manière»

    «Profondément indigné par cette décision injuste et injustifiée, excessive et disproportionnée», réagit-il. Le général quatre étoiles entreprend aujourd'hui une procédure de recours devant le Conseil d'État, confie-t-il au Figaro, «avant d'aller devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), si besoin». «Cette sanction est un hiatus, une anomalie grave, en totale contradiction avec ma relaxe, se scandalise-t-il. C'est le désaveu du pouvoir judiciaire par le pouvoir administratif, cela bouleverse la hiérarchie des normes juridictionnelles, c'est tout simplement du jamais-vu!». Pour ce «serviteur de l'État respecté», «patriote et combattant d'élite», admiré par son entourage, la sanction a des conséquences particulièrement «humiliantes» et «vexatoires», admet le général d'une voix blanche. Si son grade ne peut lui être retiré, le port de son uniforme lui est en revanche interdit, tout comme sa carte d'identité militaire d'officier général - en principe accordée à vie. C'est l'atteinte à ces symboles forts et ce retour forcé au statut civil qui lui «font le plus mal», plus que les autres attributs, notamment financiers, liés à son statut. «Le plus inacceptable pour moi, c'est d'être mis au ban de cette manière après avoir donné quarante années au service de la France, d'être rayé comme ça et traité comme un paria». Le 6 février, à Calais, l'arrestation et la garde à vue d'une quarantaine d'heures de cet homme de 75 ans avait créé l'émoi. Aujourd'hui, une ligue de défense se constitue. Un comité de soutien et de réhabilitation du général Piquemal est en train de se monter, composé de civils et de militaires, selon nos informations, et présidé par le général (2e section) Antoine Martinez.

    Pour beaucoup de ses soutiens, cette sanction disciplinaire n'est rien d'autre qu'«un règlement de compte politique», dit l'un d'eux. «Si l'administration estime que j'ai transgressé mon devoir de réserve (valable pour tout militaire, même à la retraite, NDLR) en usant de ma liberté d'expression, analyse le général, cela veut dire une chose: c'est que ma liberté d'expression ne peut être que celle de la pensée dominante. Et si elle n'est pas conforme à la bien-pensance politique, alors elle est sanctionnée. La vérité, c'est que mon cas sert d'instrument pour faire taire la Grande Muette, car les officiers généraux s'expriment aujourd'hui beaucoup plus qu'avant. Ils veulent faire de moi un exemple pour imposer le silence dans les rangs».

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    La Corse et l’islam : une haine millénaire ...

     

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    Les relations entre l’Islam et la Corse sont très anciennes et remontent à plus de mille ans. Ces relations n’ont jamais été fraternelles et pacifiques mais durant des siècles belliqueuses et emplies de haine. Il faut rappeler que plus de 30 000 Corses, hommes, femmes et enfants ont été « razziés » durant plus de trois siècles sur les côtes corses par les barbaresques musulmans à la solde de l’Empire Ottoman basé en Algérie et les nombreuses tours pisanes et génoises construites sur le littoral corse témoignent de la persistance et de l’importance du danger au cours des siècles. Ces sentinelles de pierre assuraient la surveillance permanente du littoral avertissant les populations de l’arrivée  des sarrasins pour qu’ils puissent fuir dans les montagnes.

    Certaine zones de Balagne et du golfe du Valinco ont été même islamisées durant plusieurs décennies. C’est l’intercession de l’Impératrice du Maroc, Davia Franceschini, très belle jeune femme capturée par les barbaresques sur les côtes de Balagne et devenue l’épouse du Sultan qui a fait arrêter ces incursions vers la Corse avec l’aide de son compatriote Napoléon.

    L’Islam a commencé à s’installer durablement en Corse avec l’arrivée des pieds noirs qui les engageaient à l’instar des pratiques en Algérie comme travailleurs agricoles. Durant plus d’une décennie il n’y avait que des hommes. A partir de 1976 ces travailleurs, pratiquement tous originaires des mêmes provinces marocaines, ont pu faire venir leurs familles. Le développement économique de la Corse a pu aussi offrir de nombreux postes subalternes aux ressortissants marocains venus s’installer dans toutes les zones agricoles de Corse mais aussi dans les cités urbaines en plein essor démographique. A tel point que des communes comme Ghisonaccia ou Porto Vecchio sont peuplées en 2016 par plus de 35% d’habitants d’origine maghrébine. Les pratiques religieuses se sont cantonnées à l’origine dans de toutes petites salles mais l’accroissement rapide de la population musulmane a suscité l’arrivée d’Imams pratiquement tous originaires du Maroc.

    Les prêches se faisaient uniquement en langue arabe et sont toujours pratiqués ainsi dans la plupart des lieux de culte.

    La Corse n’a pas de mosquées mais certaines salles de prières dépassent maintenant les deux cent pratiquants le vendredi. A partir de la fin des années 80, le hijab qui n’était porté surtout que par des vieilles femmes musulmanes plus par tradition que par conviction a commencé à se propager chez les jeunes filles et les jeunes femmes qui n’avaient connu que la Corse comme lieu de vie permanent. Puis dans les années 2000 sont apparues les premières tenues intégrales et les premières revendications pour les repas de substitution dans certaines écoles. Le phénomène était bien moins visible que sur le continent mais les interdits alimentaires de l’Islam commençaient à « irriter » la population corse pour laquelle la consommation du porc et du vin a été la base historique de son alimentation.

    Refuser de consommer du porc en Corse et de boire du vin dans une région qui en a fait par sa qualité un des points forts de son économie est considéré malgré tout comme un refus de la tradition et du mode vie insulaire. Comment intégrer des populations qui refusent par dogme religieux de consommer des aliments qui ont permis durant des siècles aux corses de pouvoir survivre dans les montagnes ?

    A partir du milieu des années 2000 à commencé a émerger un véritable rejet de ce genre de comportement qui a engendré de nombreux actes délibérément racistes envers des musulmans. La mentalité des pieds noirs ouvertement xénophobes face aux maghrébins n’a fait qu’accentuer ce phénomène.

    Aujourd’hui en 2016 la population d’origine maghrébine est estimée à 50 000 personnes sur une population insulaire de 320 000 habitants, ce qui en fait la deuxième région de France en proportion après l’Île de France. Contrairement à ce que les médias nationaux laissent souvent transparaître il y a proportionnellement très peu d’actes réellement racistes en Corse, mais depuis deux ans les manifestations de l’Islam radical commencent à s’affirmer dans la société insulaire. Des jeunes corses (4 ou 5) se sont convertis et fortement radicalisés. Certains sont partis en Syrie ou ont tenté de le faire depuis 2014 mais il y a eu surtout une tentative de main-mise des salafistes sur la jeunesse d’origine musulmane dans les quartiers à forte densité maghrébine (Pifano, L’Empereur, Les Cannes, Lupino).  On conseille « fortement » aux jeunes filles de ne plus se rendre en ville prendre un verre ou bien on leur demande porter le voile.

    Il y a 9 personnes fichées S en Corse dont l’Imam aumônier de la prison de Borgo ! Celui ci n’est pas nommé directement dans le communiqué du FLNC mais il est bien désigné en tant qu’indicateur de police.

    En fait certains services estiment que le nombre d’individus pouvant être considérés comme potentiellement dangereux avoisine 50 et il en suffit d’un seul qui passe à l’acte pour déclencher quelque chose de bien plus grave que l’attentat qu’il pourrait commettre.

    Sans entrer dans la thèse du complot, l’enchaînement des incidents qui frappent la Corse depuis décembre 2015 ne sont peut-être pas tout à fait le fruit du hasard. Les incidents de l’Empereur, de Sisco, de Carbuccia et de Porto Vecchio dénotent des comportements nouveaux de certains maghrébins et décembre 2015 c’est aussi l’arrivée des nationalistes à la tête de l’exécutif corse !

    La coïncidence est l’ennemie de la vérité mais l’apparition dans cette série d’incidents de l’émirat du Qatar à la suite des révélations d’un ex sous directeur de la DGSE pose question. On sait que depuis l’incident de l’année dernière durant le match PSG-Bastia où l’on a pu voir une grande banderole sur laquelle était inscrit « Le Qatar finance le PSG et le terrorisme » les proches de l’émir ne doivent pas porter la population « mécréante » de l’île dans leur cœur.

    Il est certain qu’une action djihadiste sur l’île déclencherait immédiatement une réaction ultra violente des corses. Les corses possèdent des armes en grand nombre et l’impact émotionnel des événements de Paris, de Nice et de Saint Étienne du Rouvray suscite la plus grande méfiance de la part des insulaires. Beaucoup s’attendent à une réaction suite aux incidents ultra médiatisés de l’Empereur et de Sisco et beaucoup s’y préparent.

    La Corse a été le premier département à se libérer du joug fasciste en septembre 1943. Les résistants corses ont libéré l’île en un mois de sanglants combats. Une fois qu’elle était pratiquement intégralement libre, un détachement de goumiers marocains a combattu courageusement les restes de l’armée de Rommel qui battait en retraite à Bastia. Si des marocains ont effectivement participé à la libération de la Corse c’est d’abord le sacrifice des résistants corses qui a chassé d’abord les troupes italiennes (80 000 hommes) puis allemandes (20 000 hommes) de l’île.

    Le port du hijab, de la burqa ou du burkini est perçu ici comme ailleurs comme un drapeau de l’Islam intégriste, une allégeance à la vision wahhabite de DAECH, du Qatar ou de l’Arabie Saoudite. Alors, bien sûr, la revendication du droit à la liberté de se vêtir est perçue d’abord comme une belle hypocrisie. Si un touriste avait l’idée de porter un T-Shirt orné d’une grande croix gammée pourrait-on n’y voir qu’un simple bout de tissu ? Une inscription du genre « Je suis Menguélé» passerait-elle bien sur une plage de Tel Aviv ? Pourtant ce ne sont que des bouts de tissu.

    Avec ce mélange d’inquiétude légitime, d’impression de provocation, d’orgueilleuse arrogance de la part des salafistes et surtout de la vision d’impuissance désespérante du pouvoir régalien, la tension atteint un paroxysme en Corse. Nous sommes au bord d’une conflagration dont l’onde de choc se propagera bien au delà du territoire insulaire.

    Les élus tentent légitimement de la contenir mais ils savent bien que le détonateur est au point et que la moindre étincelle mettra le feu au baril de poudre sur lequel nous sommes tous assis. Ils ont la tête sur une enclume. Ils ne peuvent se résoudre à dénoncer une réalité qui finira par les obliger à prendre partie et ils ne peuvent soutenir les propos des Cassandre tels que ceux tenus par Eric Zemmour.

    Zemmour, ce juif berbère qui possède ce don inné des juifs : sentir les dangers qui nous menacent avant tout le monde. Le sage montre la Lune, le singe regarde le doigt et comme le chantait Guy Beart « le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté ».

    Il est facile d’imaginer la réaction des corses à un attentat de style daechien sur le territoire de l’île. Ce sera une répétition de la Saint Barthélémy à coup sûr et une disparition ultra rapide de la visibilité de l’Islam dans l’espace public. La conséquence en sera d’abord l’état de siège et la disparition de facto du pouvoir nationaliste mais l’onde de choc sera considérable sur le continent.

    Beaucoup de musulmans quitteront la Corse mais 90% préfèreront rester en abandonnant la visibilité de leur religion.

    En bref : la guerre civile et à terme rapide l’intervention de l’armée sur tout le territoire français.

    Le manque de courage des élites politiques et leur état de compromission électoraliste dans de nombreux endroits du territoire français se paiera au prix du sang.

    Ce qui est lamentable c’est que les avertissements multiples des intellectuels français de gauche n’auront jamais été entendus au nom d’une pseudo laïcité bien lâche et d’une république incapable de sortir de ses atermoiements droit-de-l’hommistes. La collaboration factuelle des mouvements d’extrême gauche et des verts avec une idéologie profondément totalitariste sera à mettre au débit de la disparition de la gauche. La plupart des « musulmans » seront ravis qu’on les débarrasse de ces barbus bien gênants et l’Islam disparaîtra en France de l’espace public. Le problème résidera  dans le nombre d’innocents qui paieront pour les autres.

    J’espère que nous n’en arriverons pas là mais l’accélération de l’histoire ces temps-ci fait craindre le pire.

    Nous ne regardons plus l’abîme, nous sommes dedans.

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    Gilles Kepel : « les musulmans de la 3e génération pourraient entraîner le continent dans une effroyable guerre civile »

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    Le politologue français spécialiste de l’islam et du monde arabe contemporain, Gilles Kepel, lance un cri d’alarme à l’Europe : les jeunes musulmans de la troisième génération se radicalisent et pourraient entraîner le continent dans une effroyable guerre civile.

    Il n’a pas tort, le professeur Kepel. La situation est grave et quasiment désespérée, mais sa volonté de préserver l’idéologie islamique en chargeant le wahhabisme et le salafisme de tous les maux intrinsèques à l’islam, et les solutions qu’il propose pour enrayer le danger, laissent un goût amer de capitulation.

    Selon Gille Kepel, « radicalisés » signifie être musulman wahhabite ou salafiste, mauvais musulman, opposés dans son monde imaginaire aux bons musulmans traditionnels, parfaitement inoffensifs — alors que c’est exactement l’inverse : le musulman intégré est un mauvais musulman devant l’islam.

    Professeur à Sciences Po, ce qui explique sa vision angélique, Gilles Kepel affirme que la vague actuelle de terrorisme islamique en Europe n’est pas tellement une guerre de l’islam contre la civilisation occidentale, mais une guerre au sein de l’islam. Ben voyons.

    C’est la pensée classique de Gilles Kepel à laquelle adhèrent de nombreuses personnes.

    Le résultat est l’émergence de toute une génération de musulmans adhérant aux mouvements wahhabites et salafistes, qui veulent non seulement dominer l’Europe, mais également éliminer toute opposition islamique modérée.

    De quelle manière cette « opposition islamique modérée » se différencie-t-elle des wahhabites et des salafistes ?

    L’islam normatif ne distingue-t-il pas, sans concession aucune, les musulmans des non-musulmans ? Et dans les Etats islamiques, les non-musulmans ne doivent-ils pas soit se convertir à l’islam, soit se soumettre et payer la jizyia ou être tués ?

    Mais non : Kepel qui devrait être mieux informé, attribue aux seuls salafistes les doctrines pourtant intrinsèques à l’islam.

    Les « musulmans ordinaires » ne rêvent-ils pas aussi de dominer non seulement l’Europe, mais aussi tout le monde non musulman, afin que cette planète étourdie et impure soit islamisée et soumise à la charia, la loi d’Allah ?

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    La génération jihad

    Plus il y aura de musulmans en Europe, plus il y aura d’attentats

    Selon Kepel, le nombre sans cesse croissant de musulmans formant ce qu’il appelle « la génération jihad » continuera probablement à commettre des actes de terrorisme dans les villes européennes. Ce n’est pas une probabilité, mais une certitude, Kepel.

    Qualifier les jeunes musulmans de « génération jihad » implique de manière fallacieuse que le jihad n’est pas un devoir permanent et central de l’islam. Et l’expert en islam doit bien le savoir, sinon, qu’il devienne expert en apiculture.

    Sa prédiction, selon laquelle les jeunes de cette génération continueront probablement à commettre des actes terroristes, impressionne à peine. Pourquoi diable ne continueraient-ils pas à répandre la terreur, puisque que le coran, « verbe incréé d’Allah, transmis à Mahomet et donc immuable » leur ordonne de le faire ?

    Et ils ne commettront pas ces actes terroristes parce qu’ils sont devenus salafistes ou wahhabites, mais tout simplement parce qu’ils sont musulmans. Et plus il y aura de musulmans en Europe, plus il y aura d’attentats, c’est mécanique.


    Lire la suite sur http://www.dreuz.info

     

    Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Rosaly pour Dreuz.info.

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    "L'Arabie saoudite, géniteur du radicalisme"

    VIDÉOS. Ancien haut fonctionnaire à la Défense, Pierre Conesa explique comment notre grand allié a diffusé son islam ultra-rigoriste dans le monde.

    C'est un tabou français que Pierre Conesa tente de briser. Grande alliée (et argentier) de la France au Moyen-Orient, la richissime Arabie saoudite possède sa face sombre : soixante ans d'une diplomatie religieuse qui a exporté en catimini dans le monde entier son « wahhabisme », version la plus rigoriste et intolérante de l'islam sunnite, qui a inspiré les pires djihadistes d'Al-Qaïda comme de Daech. Ancien haut fonctionnaire du ministère de la Défense, Pierre Conesa s'est livré dans Dr. Saoud et Mr. Djihad* à une enquête passionnante et inédite sur les rouages de ce prosélytisme d'État adoubé à Paris comme à Washington. Des secrets explosifs sur le véritable géniteur du radicalisme sunnite.
    Le Point.fr : Vous parlez de mensonge d'État à propos du 11 Septembre et du rôle de l'Arabie saoudite. Mais la récente déclassification des 28 pages polémiques n'a-t-elle pas dédouané l'Arabie saoudite ?
    Pierre Conesa est un ancien haut fonctionnaire au ministère de la Défense.  © Pauline Tissot Le Point.fr
     
    Pierre Conesa : La déclassification de ces 28 pages, quinze ans après le 11 Septembre, prouve qu'un certain nombre des auteurs des attentats ont été en contact avec des diplomates saoudiens et des familles proches de ceux-ci qui les ont logés et entretenus. Et puis il y a une évidence. Sur les dix-neuf terroristes du 11 Septembre, quinze étaient saoudiens. Or, le discours de George W. Bush en janvier 2002 consiste à accuser l'Iran, l'Irak et la Corée du Nord, alors qu'il n'y a aucun Iranien, aucun Irakien et aucun Nord-Coréen dans le groupe terroriste. De la même façon, les Saoudiens constituaient le plus gros contingent aux côtés des Afghans lors du conflit contre les Soviétiques dans les années 1980, et ils fournissent le plus gros lot de djihadistes étrangers à Daech aujourd'hui. C'est donc qu'il existe quelque part une matrice idéologique – le wahhabisme – qui explique aujourd'hui une grande partie des crises et des actes terroristes qui frappent la planète.
     
    Mais existe-t-il un lien direct entre le financement du djihad et l'Arabie saoudite ?
     
    Le système saoudien est une sorte de soft power américain avec une multiplicité d'intervenants qui vont de la politique publique aux grandes fondations privées et aux universités islamiques : une conjonction d'acteurs qui permet toujours au pouvoir saoudien de prétendre qu'il n'était pas au courant. Et c'est vrai, car dans un pays où le budget du roi et celui de l'État ne sont pas vraiment séparés, on peut toujours prétendre qu'il existe quelqu'un aux intentions moins louables et dont les agissements ne sont pas connus du roi. Ainsi, lorsque les Américains ont mis en garde les Saoudiens sur le financement du terrorisme après le 11 Septembre, ils ont eux-mêmes listé 265 organisations dont il fallait tarir ou interdire l'activité ! Mais, d'après moi, le financement du terrorisme me paraît être un second problème. Parce qu'un attentat terroriste ne coûte rien. Les attentats du 11 Septembre n'ont coûté que 11 000 dollars et on estime qu'ils ont fait 40 milliards de dollars de dégâts entre effets directs et indirects. La question importante à mon sens est celle de l'idéologie.
     
    En quoi l'idéologie saoudienne inspire-t-elle les terroristes ?
     
    L'Arabie saoudite possède également un côté soviétique. Les Saoudiens ont formé à peu près 25 000 personnes à l'université islamique de Médine, qui est l'équivalent saoudien de l'université soviétique Lumumba, et qui diffuse une idéologie totalitaire : le wahhabisme, ou salafisme. Un théologien musulman français m'a dit un jour que le wahhabisme était la version la plus sectaire, la plus raciste, la plus antisémite, la plus homophobe, et la plus misogyne de l'islam. À la différence des autres universités islamiques dans le monde, les étudiants de Médine obtiennent des bourses, sont logés et entretenus, à la condition de retourner chez eux pour faire de la prédication, donc de la propagande, comme à l'époque des commissaires politiques de l'université soviétique Lumumba. D'après mes chiffres, 30 000 personnes ont été formées dans ces universités islamiques saoudiennes. On va les retrouver dans toute la bande sahélienne, au Mali, au Niger, en République centrafricaine. Chaque année, les Saoudiens dépensent 7 à 8 milliards de dollars pour leur diplomatie religieuse, soit autant que pour leur diplomatie de défense ! C'est à peu près deux fois plus que l'URSS à la belle époque.


    Mais n'y a-t-il tout de même pas une différence entre le salafisme, qui est quiétiste, et le djihadisme ?
     
    Pas à mon sens. Lorsque vous avez un discours raciste, antisémite, vous légitimez d'une certaine manière la violence. En France, on réprime les propos antisémites, racistes, sectaires. Or, en Arabie saoudite, vous avez une idéologie qui reprend exactement tous ces mots en la légitimant par la religion. L'étude qu'a faite Antoine Sfeir sur les manuels wahhabites est d'ailleurs extrêmement claire. Dans les programmes scolaires wahhabites, on n'apprend pas Freud, Marx ou Darwin, mais l'antisémitisme et la dénonciation des autres religions… On est dans le système de l'intolérance absolue. Vous préparez littéralement des citoyens à basculer tout à coup dans la violence, parce que vous estimez que les « mécréants », terme utilisé par les salafistes pour désigner les autres croyants, sont des individus de seconde zone. Pour moi, le salafisme quiétiste est une préparation psychologique à la violence.
     
    Mais l'idéologie djihadiste n'est-elle pas un mélange de salafisme et de théories révolutionnaires des Frères musulmans ?
     
    L'identité islamiste a été constituée par plusieurs mouvances qui ont justifié par différents propos le passage à la violence. Saïd Qotb, qui est souvent celui qui est cité comme le légitimateur de la violence, la concevait surtout contre les régimes arabes qui, d'après lui, se prétendaient musulmans mais n'appliquaient pas le Coran. Par la suite, il y a eu la justification du djihad contre les Soviétiques auquel nous, Occidentaux, avons nous-mêmes adhéré, puisqu'on pensait que les ennemis de nos ennemis ne pouvaient être que nos amis. Aujourd'hui, la défense de la terre de l'islam est légitimée par tous les théologiens, quelle que soit leur mouvance. Cela a été le cas après l'intervention américaine en Afghanistan, en Irak… Il y a donc eu un processus de légitimation progressive de la violence.
     
    Comment expliquer ce conservatisme religieux en vigueur en Arabie saoudite ?
     
    Il faut revenir au pacte originel entre Mohammed Ibn Saoud, patriarche de la dynastie Saoud, et l'imam ultraconservateur Mohammed Abdelwahhab, scellé en 1744, et qui est à l'origine du premier État saoudien. À cette époque, Abdelwahhab a utilisé le terme de djihad pour que les Saoud puissent conquérir le territoire d'Arabie contre les autres tribus. L'imam a également appelé au djihad pour lutter contre l'Empire ottoman. Ainsi, le djihad est-il constitutif de l'identité nationale saoudienne. Dès le départ, l'Arabie saoudite est un système à deux pieds, avec, d'un côté, la famille Saoud (la dynastie en place) et, de l'autre, le corps des oulémas (théologiens), dirigé par la famille al-Shaikh, c'est-à-dire les descendants d'Abdelwahhab. En échange du pouvoir, ceux-ci régissent la société saoudienne, ainsi que l'action extérieure du pays. Le problème est que les Saoudiens ont à plusieurs reprises sollicité les Occidentaux – des « mécréants » – pour défendre leur régime, que ce soit en 1979 lors de l'occupation de la Grande Mosquée de la Mecque (par des islamistes radicaux, NDLR) ou en 1991 lors de l'invasion du Koweït par Saddam Hussein. À chaque fois, les oulémas les plus radicaux sont montés au créneau pour dénoncer une « invasion de croisés » en terre d'islam. Pour se légitimer, le régime Saoud a donc obtenu des oulémas une justification théologique. En contrepartie, les religieux ont gagné plus de droits sur la société et la diplomatie saoudienne. En 1979, les gendarmes français du GIGN ont même été convertis à l'islam pour libérer la Grande Mosquée des étudiants islamistes radicaux qui dénonçaient la corruption du régime ! On voit ici résumée toute l'hypocrisie du système saoudien. En Arabie saoudite, c'est « la violence ailleurs, mais touche pas à mon prince ».
     
    Comment l'Arabie saoudite a-t-elle procédé pour exporter le wahhabisme ?
     
    Outre la formation d'imams étrangers dans ses universités, l'Arabie saoudite s'est appuyée sur des organisations religieuses. C'est notamment le cas de la Ligue islamique mondiale, créée à l'époque de Nasser. Ce leader arabe possédait un discours très critique à l'égard des pays du Golfe et brandissait le panarabisme. En réaction, l'Arabie saoudite a prôné le panislamisme, dont le vecteur porteur a été la Ligue islamique mondiale. Il s'agit d'une ONG, toujours dirigée par un Saoudien, qui porte une conception wahhabite de l'islam, et dont les financements sont très opaques. Sous le couvert de la défense des musulmans et de la construction de mosquées, la Ligue islamique mondiale a souvent été le faux nez de l'action saoudienne à l'étranger. Or, l'Arabie saoudite étant un pays allié combattant à l'époque la « laïcité » soviétique, l'Occident a laissé faire.
     
    L'Arabie saoudite est-elle, comme on peut l 'entendre, à l 'origine de la création de Daech ?
     
    Pas du tout. L'Arabie saoudite n'a pas créé Daech. En revanche, elle a créé le salafisme, qui en est le géniteur. D'ailleurs, les deux régimes décapitent tous deux massivement en public, et détestent les chiites. Lorsque Abu Bakr al-Baghdadi proclame le califat, il conteste directement les Saoud. Car ces derniers, s'ils se sont toujours autoproclamés serviteurs des lieux saints, n'ont aucune légitimité par rapport à la dynastie du Prophète. Ainsi, lorsqu'un individu comme al-Baghdadi s'autoproclame calife, il rétrograde de fait les Saoudiens. Voilà pourquoi les Saoud sont aujourd'hui dans la concurrence, et non dans la confrontation, avec Daech. C'est-à-dire qu'ils veulent délégitimer l'État islamique en montrant qu'ils sont les meilleurs défenseurs de la cause sunnite. Et donc en réprimant davantage qu'eux les chiites.
     
    Comment expliquer qu 'un pays aussi conservateur soit notre meilleur allié au Moyen-Orient ?
     
    En Occident, on nous rappelle sans cesse que ce pays est notre ami, ainsi que notre meilleur client, et il existe une sorte de tabou dans la critique de l'Arabie saoudite. Or, j'estime que nos intérêts commerciaux ne doivent pas primer la sécurité de nos concitoyens. Il est d'ailleurs intéressant de noter que cela fait vingt ans que l'on nous parle d'une prévision de dix milliards de dollars de contrat avec le royaume. Or, cela ne reste que de la prévision. Certains contrats se réalisent, d'autre pas. Mais cela ne peut être en aucun cas le raisonnement d'une stratégie diplomatique dont les effets sécuritaires sont aussi dramatiques que ceux que l'on connaît aujourd'hui. Pendant des années, on leur a vendu des armes, qu'ils n'ont jamais utilisées… jusqu'à la guerre au Yémen (depuis mars 2015), où l'on constate leur absence totale de retenue en ce qui concerne les dommages collatéraux. Entre le radicalisme chiite et le radicalisme sunnite, nous n'avons pas à choisir. Or, nous l'avons fait.
     
    Pourquoi les Saoudiens ne sont-ils pas davantage impliqués dans la coalition contre Daech ?
     
    En effet, dès qu'ils sont intervenus au Yémen, l'Arabie saoudite et les autres pays arabes ont retiré tous leurs avions de la coalition contre Daech. Pourquoi l'Arabie saoudite a-t-elle mobilisé toute son aviation au Yémen, qui n'est pourtant pas sa menace principale ? Comment expliquer que nous, Occidentaux, sommes les seuls aujourd'hui à combattre l'État islamique ? Aujourd'hui, nous avons du mal à définir qui est notre ennemi. Notre ennemi, c'est le salafisme, dont Daech est une application pratique. Mais le géniteur, le docteur Frankenstein, c'est l'Arabie saoudite. Et nous sommes dans la position schizophrénique où l'on combat le radicalisme tout en protégeant son géniteur. Or, dans le roman de Mary Shelley, le monstre disparaît avec son créateur.
     
    * "Dr. Saoud et Mr. Djihad : la diplomatie religieuse de l'Arabie saoudite" vient de paraître aux éditions Robert Laffont.