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    Le Califat, une puissance terroriste mondiale

    Le Califat, une puissance terroriste mondiale

    Le Califat, une puissance terroriste mondiale

    Abu Bakr al Baghdadi, le “calife” autoproclamé de l’Etat Islamique sur le territoire qui comprend l’Irak et la Syrie, a promis de conquérir l’Afrique du Nord, l’Andalousie et Rome. « Voila ce que je vous propose. Et si vous suivez mon conseil, vous pourrez conquérir Rome et vous deviendrez les maîtres du monde, avec la volonté d’Allah » a-t-il déclaré aux musulmans du monde entier.

    Carte publiée sur Twitter indiquant les territoires que les terroristes veulent conquérir d’ici cinq ans et étendre ainsi la domination du tout nouveau califat (PH/DR)

     

    La France a donc été frappée massivement, dans une opération soigneusement préparée et coordonnée, à partir de la Syrie orientale contrôlée par le Califat, dans la soirée du vendredi 13 novembre par 7 à 8 membres du Califat. Ils ont causé près de 130 morts. Les modes d’opération, fusillades sur des foules et explosion de ceintures d’explosifs des tueurs – rejoignant donc volontairement les dizaines de vierges du paradis d’Allah –, sont exactement ceux en usage en Syrie, ou en Irak, au Liban, en Libye, en Somalie, en Afghanistan, etc., toutes les terres musulmanes sunnites, en totalité ou en partie, sur lesquelles recrutent le Califat.

    Avec 7 à 10 millions de musulmans en France, presque tous sunnites, le vivier de recrutement des disciples du Calife Abou-Bakr II est considérable. La popularité du Califat oscille entre le dixième et le tiers de cette communauté, ce qui n’est pas la majorité, mais s’avère toutefois non négligeable. Les opposants reprochent surtout au Califat de tuer d’autres musulmans sunnites, dont ceux affiliés au mouvement djihadiste concurrent Al-Qaïda, soutenu en Syrie par le Qatar, l’Arabie Séoudite, la France et les États-Unis, au Proche-Orient, mais aussi en Afrique et en Afghanistan. Avec 10% de sympathisants, ce qui est un minimum, ceci donne un vivier de 800 000 personnes… Les quelques dizaines d’arrestations au plus, opérées en urgence en France, ne changeront rien à terme. Parmi les 8 tueurs identifiés, figurent même 3 “migrants”, de ces gentils réfugiés qu’il fallait et faudrait encore accueillir au nom des droits de l’Homme, par millions, et dont aucun ne serait terroriste… Il y a de quoi être fixé, y compris pour les plus naïfs, mais les oligarques européistes obstinés à détruire les identité nationales et l’Europe véritable ne changeront rien à leur politique de destruction: le président de la Commission vient de le réaffirmer, s’inquiétant au contraire de la “lenteur” dans l’installation et la répartition sur toute l’Europe, dont spécifiquement la France, des envahisseurs.

    LE CALIFAT, UNE INSTITUTION PRESTIGIEUSE, FONDAMENTALE EN ISLAM, RESTAURÉE EN 2014

    Abou-Bakr II, ou Ibrahim – les deux noms coexistent –, est le Calife reconnu par ses partisans dans une cérémonie de la Grande Mosquée de Mossoul le 5 juillet 2014. Il est toujours vivant, malgré de multiples tentatives d’assassinat. Reconnu initialement sur le territoire conquis par l’Etat Islamique sur l’Ouest de l’Irak et le Nord de la Syrie, il a reçu depuis de nombreuses allégeances, de la Mauritanie à l’Indonésie. Tous les musulmans sunnites ne le reconnaissent certes pas, et il est l’ennemi à abattre pour les Chiites, 10 fois moins nombreux à l’échelle planétaire, mais l’appel à la prière est souvent effectué en son nom, de l’Océan Atlantique à l’Océan Pacifique, soit un symbole très fort. Il correspond à une résurrection de l’Oumma, la communauté des croyants musulmans, unité rêvée et impossible, jamais plus réalisée dans les faits depuis le IXe siècle et le déclin de l’autorité des Califes Abbassides surtout, ou rupture plus récente constamment rappelée, l’abolition du Califat ottoman par Mustafa Kemal en 1924. Le Calife, successeur de Mahomet, qui en descend dans sa chair de préférence – chose autoproclamée, et nullement prouvée, pour Abou-Bakr II, mais pas absurde pour un Irakien – , est supposé directement inspiré par Allah, dispose donc en principe d’absolument tous les pouvoirs politiques et religieux.

    Le Califat, que beaucoup décrivaient comme une extravagance mégalomane éphémère, a donc survécu durant plus d’un an. Il s’agit bien plus qu’une quelconque et dangereuse fantaisie éphémère, conduite par un chef de secte mégalomane, balayée en quelques semaines ou quelques mois seulement. Il paraît installé pour plusieurs années, même s’il reste aventureux de se prononcer sur sa survie sur une longue durée. Abou Bakr II se voit reconnu par de nombreux djihadistes sunnites possédant des assises territoriales significatives en Libye, au Yémen, au Nigeria, et de nombreuses enclaves non négligeables en Afghanistan, en Tunisie, en Indonésie, en Malaisie, aux Philippines, sûrement aussi dans quelques banlieues françaises ou arrondissements parisiens ou marseillais… Son territoire principal en Irak et en Syrie est entouré d’ennemis. Certains adversaires sont déjà fort complaisants de facto, à commencer par la Turquie et l’Arabie Séoudite. D’autres s’opposent entre eux, comme les États-Unis et l’Iran, ou la Russie, en revanche proche alliée de l’Iran en Syrie.

    Le Califat, sur le plan purement militaire, bénéficie aussi de l’avantage stratégique de sa position centrale face à tous ses ennemis. Il peut faire circuler des renforts sur les points menacés du front selon ses lignes intérieures, ou surprendre ses adversaires par des concentrations subites créant un déséquilibre local à son profit. Il maîtrise la stratégie militaire de base, tout en faisant preuve souvent d’une excellence tactique sur le terrain, généralement supérieure à celle de ses opposants.

    LA SITUATION MILITAIRE DU CALIFAT EN SYRIE ET EN IRAK

    Le Califat contrôle l’Ouest de l’Irak et tout l’Est de la Syrie, soit une population arabe sunnite de l’ordre de 10 millions de personnes. Ses forces armées, alimentées par une conscription obligatoire, et des volontaires étrangers, s’élèveraient à plus de 100 000 hommes. Nous faisons nôtre cette évaluation des services secrets iraniens, qui sont sur place en première ligne, plutôt que celle de Paris à Washington, qui voulaient jusqu’à la semaine passée incluse minimiser le péril, par obsession anti-Assad, et proposent des évaluations ridicules de l’ordre de 30 000 hommes: à ce niveau, le Califat aurait été vaincu entre l’automne 2014 et cet été 2015. La motivation, globalement supérieure à celle de leurs adversaires, des djihadistes du Califat est aussi un facteur important, mais pas seulement. Le Califat dispose d’armement lourd, alimenté – volontairement? – par les aides turques, américaines, françaises, aux rebelles syriens, et par les captures massives de matériels d’unités de l’armée irakienne ou syrienne vaincues. Ainsi le Califat dispose-t-il de davantage de chars que l’armée française, ce qui n’est certes pas difficile. L’armée du Califat sait user de tous les types d’armement, de toutes les tactiques, de la guérilla au choc frontal classique. Les bombardements aériens réguliers des États-Unis ou de l’Iran, ainsi que de leurs alliés, ont empêché tout assaut massif sur Bagdad, et permis de contenir les avancées du Califat, voire de le forcer à reculer quelque peu, en détruisant toute concentration de matériel lourd, artillerie et chars, trop visible du ciel, donc vulnérable.

    Il a maintenu des positions avancées, dans l’Ouest de la Syrie, conquise au printemps 2015, à Palmyre, trésor archéologique mondial en cours de destruction volontaire, et dans les banlieues orientales des deux plus grandes villes de Syrie, Damas et Alep. Il contrôle aussi des poches rurales dans l’Ouest, et peut ainsi agir dans une zone encore majoritairement sous l’autorité du Baas, ou secondairement des insurgés djihadistes concurrents d’Al-Qaïda souvent plus ou moins camouflés sous l’étiquette d’Armée Syrienne Libre – les “modérés” imaginaires de Hollande et de Fabius. Via ces poches, les cadres et des bataillons du Califat circulent et s’infiltrent assez facilement au Liban voisin. Le Pays aux Cèdres subit depuis 2012 une guerre civile larvée, heureusement pour lui bien moins intense qu’en Syrie, entre le camp djihadiste sunnite, dont le Califat désormais dominant en son sein, et le camp chiite, coordonné par le Hezbollah. Le 12 novembre, un quartier chiite de Beyrouth, contrôlé par le Hezbollah, a subi un attentat terroriste du Califat, qui a causé au moins 45 morts et plus de 240 blessés.

    L’intervention massive iranienne au printemps 2015, et russe à l’automne, ont stoppé la progression du Califat, mais ne l’ont pas refoulé, de manière significative, pour [ad p 9] l’instant. Les forces russes ont aussi bloqué la progression d’Al-Qaïda vers Lattaquié, port vital, qui aurait pu causer un effondrement des autorité baasistes syriennes. Cet effondrement, souhaité encore officiellement par Hollande et Fabius, créerait un vide du pouvoir immédiatement rempli par le Califat, évidemment. La situation générale reste fragile sur ce front.

    En Irak, le Califat vient de perdre la position de la ville et de la montagne Sinjar, soit une importante route dominant la plaine de Mésopotamie. C’est une victoire non négligeable pour les forces armées kurdes, qui ont bénéficié d’un appui aérien américain massif pour réaliser cette opération. Le Sinjar est la montagne-refuge traditionnelle des Yézidis, des Kurdes adhérant à une forme particulière du zoroastrisme; la prise de ce canton avait été un drame absolu à l’été 2014 pour ces Yézidis, souvent massacrés par le Califat, ou convertis de force à l’Islam comme ce fut le cas pour les femmes et les enfants massivement enlevés. Il n’est pas certain du tout que des Yézidis reviendront, et les montagnes ont toutes les chances d’êtres repeuplées de Kurdes musulmans sunnites. Les Yézidis risquent toujours de disparaître, et quoi qu’il proclame à destination de l’étranger, il n’est pas certain que l’ensemble de la société kurde s’en émeuve particulièrement.

    Sur le plan purement théorique, les forces kurdes pourraient et devraient prolonger leur avance sur ce front septentrional ébranlé du Califat, pour couper vraiment la liaison la plus directe entre Mossoul et Raqqa, voire commencer à encercler Mossoul, en l’isolant par l’Ouest, alors qu’elle est déjà proche du front kurde au Nord et à l’Est. Elles n’en feront probablement rien, tant elles sont divisées entre elle. Les bataillons kurdes victorieux ont été surtout ceux du PYD, voire franchement du PKK, des Kurdes marxistes-léninistes de Syrie, ou un peu de Turquie – chiffon-rouge pour Ankara. Les Kurdes conservateurs d’Erbil, Kurdes d’Irak, ne veulent surtout pas d’une implantation durable de ces Kurdes syriens sur un territoire qu’ils considèrent comme le leur. Donc, il serait déjà bon qu’ils ne se battent pas entre Kurdes, chose en soi pas impossible, quant à exploiter de façon unie et coordonnée leur récente victoire, cela paraît hors de portée.

    Sur le front méridional irakien du Califat, l’armée irakienne, et surtout les milices chiites, beaucoup plus motivées, mènent de durs combats dans Ramadi, ville-symbole à l’Ouest de Bagdad, perdue au printemps 2015. Outre l’aspect symbolique, venger une défaite particulièrement humiliante, il y a la volonté de sécuriser Bagdad, en expulsant le Califat de la province d’Al-Anbar, voisine de la métropole irakienne. Outre le cas de Ramadi, de furieux combats ont lieu dans plusieurs villes de cette province, dont Falloujah. Il n’est pas certain que les autorités de Bagdad et leurs alliés soient assez forts pour l’emporter. S’ils le sont, leur victoire déboucherait sur des représailles massives des chiites contre les populations sunnites locales, ce qui engendrerait un flux important de plusieurs millions de réfugiés, encore, avec un certain nombre de terroristes parmi eux, évidemment.

    LE DOUBLE JEU TURC

    Le pays-clef, absolument essentiel pour le destin de la Syrie et de l’Irak, est la Turquie. Elle pourrait par sa puissante armée de plusieurs centaines de milliers d’hommes, ses milliers de chars, ses centaines d’avions et d’hélicoptères, balayer en quelques jours le Califat, prendre Mossoul et Raqqa, quitte à balayer au passage les forces kurdes du PYD. Mossoul fait partie de la vieille revendication territoriale turque, formulée dès 1920 par Mustafa Kemal. Elle s’appuie sur la présence de populations historiques turcomanes, donc turques, aujourd’hui pratiquement disparues ou très minoritaires.

    Officiellement la Turquie participe depuis les attentats commis en juillet 2015 sur son sol à la coalition internationale contre le Califat. Bien qu’hypothèse alors crédible, sérieusement planifiée par l’armée turque, depuis plusieurs années, l’invasion terrestre turque massive n’a pas eu lieu. Pourquoi? En fait, le double jeu du parti islamiste turc AKP au pouvoir à Ankara a été sans cesse poursuivi. Islamiste sunnite aussi, il reste relativement proche idéologiquement du Califat. Il déplore ses excès et ses prétentions, ne le reconnaît certes pas, mais ne le considère décidément pas comme un ennemi véritable, et encore moins comme l’adversaire principal de la Turquie. Depuis cet été, de rares avions américains, basés dans le Sud-Est de la Turquie, ont bombardé les troupes du Califat, avec une intensité faible, et c’est semble-t-il tout. L’armée turque a en revanche relancé des opérations militaires intenses contre les insurgés kurdes de Turquie, encadrés par la guérilla marxiste-léniniste du PKK, et intervient militairement en Syrie du Nord, par des bombardements, ou des raids-commandos réguliers, contre la branche locale du PKK, le PYD. Le PYD est l’ennemi commun du Califat et d’Ankara; donc ils se combattent d’autant plus mollement, sinon pas du tout. Quant aux attentats qui ont frappé depuis cet été la Turquie, ils ont touché concrètement des foules de Kurdes de Turquie, ce qui, au-delà de la façade de déclarations de principe contre le terrorisme inadmissible sur le territoire turc, n’a pas dû trop peiner in petto les autorités turques, autant militaires que politiques.

    Le double jeu de la Turquie, qui bénéficie largement au Califat, se poursuit donc. Ankara n’a pas coupé l’artère vitale de ravitaillement du Califat, qui traverse la frontière turco-syrienne, entre Alep et l’Euphrate. Pire, nos camarades grecs de l’Aube Dorée nous ont signalé un très possible complot islamiste turco-arabe contre la Grèce et l’Europe. L’invasion migratoire que nous subissons, serait-elle coordonnée entre le Califat et Erdogan? Les flux de “migrants” submergent en de très nombreux endroits de Grèce et des Balkans les populations locales, chrétiennes et démographiquement en déclin. Les ambitions néo-ottomanes de la Turquie d’Erdogan visent peut-être davantage l’Europe, marquée par la présence turco-musulmane jusqu’en 1912, et des “reconquêtes” – de leur point de vue à terme. Ainsi, les îles grecques voisines de la Turquie, Lemnos, Lesbos, Chios, Samos, Rhodes, ethniquement grecques hier, chrétiennes, ont aujourd’hui des populations de fait majoritairement musulmanes. Le même phénomène est observé en Thrace grecque, appuyé en outre par la minorité turque locale, très nombreuse, qui déploie avec ostentation des trésors de solidarité islamique pour les “migrants”. Ce que la gauche grecque de SYRIZA au pouvoir trouve absolument formidable évidemment… Or, ces régions grecques limitrophes de la Turquie, font partie, comme Mossoul, des revendications traditionnelles de l’État turc. Nos camarades de l’Aube Dorée sont donc à juste titre très inquiets pour l’avenir de l’unité territoriale de la Grèce, déjà scandaleusement réduite par rapport aux territoires grecs traditionnels, comportant une large partie de l’Asie Mineure Occidentale, complètement turquifiée et islamisée après la victoire militaire de Mustafa Kemal en 1922.

    On parle parfois en France, à juste titre, du génocide des Arméniens, avec près de 2 millions de morts, de cette petite chrétienté d’Asie Orientale physiquement détruite par l’Etat turc, de manière continue des années 1890 à 1920. On oublie trop souvent le génocide des Grecs d’Anatolie, aux centaines de milliers de morts. La majorité des Grecs, plus de 2 millions, ont certes pu fuir en Grèce, mais ils ont subi aussi moult massacres, à peu près sur la même période que les Arméniens, faisant 700 000 morts environ.

    Voilà la culture de ce Proche-Orient mahométan, turc, kurde, arabe, qui n’a guère varié depuis un siècle. Autant en Irak et en Syrie qu’en Turquie, la tendance culturelle majeure est d’ailleurs plutôt à la franche régression, ou, de leur point de vue, au retour aux sources, à la pureté de l’âge de Mahomet.

    Il reste qu’aucune victoire durable contre le Califat ne semble possible sans la Turquie. Et les autorités d’Ankara ne semblent décidément pas disposées en l’état à renoncer à leur double jeu trop visible. Pour basculer, il faudrait vraiment des vagues d’attentats sanglants du Califat en Turquie tuant des milliers de Turcs ethniques, chose pas impossible, mais qui n’a pour l’instant pas eu lieu.

    LE CALIFAT DANS LE MONDE, UNE PRÉSENCE RÉELLE

    Le cœur du territoire du Califat est indiscutablement formé par l’Irak et la Syrie. Il paraît devoir durer là-bas. Il contrôle aussi des régions diverses du monde musulman: des groupes djihadistes locaux lui ont fait allégeance. Ils l’ont reconnu par communauté idéologique. Ces liens relèvent aussi de l’alliance bien comprise, mutuellement bénéficiaire, ne serait-ce qu’en notoriété, le Califat gagnant à être de plus reconnu dans le monde musulman, tandis que ses affiliés gagnent eux aussi en terme de visibilité internationale et de prestige, face à leurs ennemis ou rivaux islamistes locaux. Ainsi un obscur groupe islamiste indonésien ou philippin devient-il célèbre dans le monde entier en affirmant reconnaître le Calife Abou-Bakr II.

    La restauration du Califat, cet acte symbolique si fort, si fondamental, a permis d’obtenir des ralliements de groupes indépendants ou tenant pour le concurrent Al-Qaïda, dépourvu du prestige califal. Ainsi, Boko Haram, qui ravage tout le Nord-Est du Nigeria, ou les Shebabs, qui mènent une guérilla intense au Sud et dans le Centre de la Somalie, se sont-ils ralliés au Califat. De même, de nombreux groupes djihadistes sunnites libyens ou yéménites, qui disposent de réelles poches de contrôle territorial, dans des États éclatés, disparus, comme la Libye ou le Yémen, y jouent-ils désormais un rôle politico-militaire essentiel.

    En Libye, complètement éclatée territorialement, à la guerre civile structurelle sans issue visible, le Califat paraît la seule alternative crédible, du moins la seule alternative à la partition – refusée pour des motifs complexes par beaucoup d’acteurs. Présent à peu près partout en Libye, avec pour place-forte principale l’important port de Syrte, le Califat pourrait un jour s’emparer du pays, bénéficiant du soutien au moins passif de populations lassées, et culturellement pas hostiles à un islamisme strict. De la Libye, les groupes armés du Califat rayonnent sur l’ensemble du Sahel, dont le Niger et le Malin voisins, sauvés de justesse par une présence de l’armée française, qui ne pourra pourtant pas s’éterniser, et ont établi des cellules jusqu’en Mauritanie et au Sénégal. Le Sénégal est d’ailleurs traversé aujourd’hui par un grand débat citoyen sur le thème: « il ne faut pas donner la citoyenneté sénégalaise à n’importe qui ». Cette vérité universelle, de bon sens, reste indicible en France…

    Le Califat se consolide au Sud du Yémen, en zone sunnite, et dans les confins de l’Afghanistan et du Pakistan. Au Yémen, il a réussi à infiltrer les milices d’autodéfense sunnites opposées aux Houthis, chiites yéménites alliés de l’Iran. Il a pris le contrôle de localités de l’Est semi-désertique du pays, et de quartiers d’Aden. Il profite du chaos général, de la situation humanitaire catastrophique, avec 19 des 24 millions de Yéménites en situation de très grande précarité, d’une ambiance apocalyptique qui correspond à son idéologie profonde, pour recruter.

    Dans les montagnes des confins afghano-pakistanais, il a obtenu le ralliement des Talibans les plus fanatiques, ceux qui refusent toute forme de trêve de fait avec l’armée pakistanaise, jugée corrompue (ce qui n’est pas faux) et apostate de l’Islam (ce qui n’est pas vrai). La pensée est la même pour les Talibans afghans ralliés au Califat, qui considère le successeur du Mollah Omar, le Mollah Mansour, comme une créature des services secrets pakistanais, et qu’ils refusent à ce titre. Dans tous ces pays, le Califat joue des rivalités tribales traditionnelles. Contrairement au cas libyen, le Califat ne paraît pas en mesure de s’imposer sur la totalité du Yémen, ou de l’Afghanistan et du Pakistan, mais il peut s’assurer le contrôle de vastes régions.

    QUID DE LA FRANCE ET DE L’EUROPE?

    De façon générale, certaines cellules du Califat sont présentes dans tout le monde musulman sunnite, y compris dans des quartiers de villes islamisées de France et de Belgique, comme l’a rappelé l’actualité récente la plus tragique. L’invasion migratoire en cours, encouragée par l’Union européenne avec sa politique autoritaire de “répartition”, permettra leur implantation vraiment partout, du Portugal à la Finlande. Envoyer 10 avions larguer 20 bombes sur Raqqa, ville principale du Califat en Syrie, ne constitue certainement pas un « raid massif », comme il a été claironné par une presse aux ordres inconsciente du ridicule dimanche soir. Bombarder des zones aux mains du Califat n’est pas mauvais en soi, mais les effets profonds ne sont pas évidents.

    C’est surtout passer complètement à côté de la seule vraie solution, dont le Système refuse absolument d’entendre parler, la re-migration massive, totale, des dizaines de millions de mahométans actuellement présents en Europe, de plus en plus nombreux, et qui n’ont rien à y faire. Les profils des tueurs de Paris sont éloquents: ils vont des “migrants” les plus récents à des “Français” ou des “Belges” de par le droit du sol, mais tous appartiennent à un champ culturel massivement et irrémédiable hostile à la France et à l’Europe.

    La solution ne réside certainement pas non plus dans la “Laïcité”, grand argument de la gauche patriotique. En effet, ce concept n’existe pas en tant que tel en Islam, et son emploi ne changerait rien dans leur compréhension hostile de l’Occident: l’athéisme pratique, déguisée en laïcité, suscite d’ailleurs en eux bien davantage de mépris et de haine que la chrétienté, disparue hélas depuis fort longtemps, et qu’ils entendent combattre dans leurs discours actuels. La seule solution est décidément la remigration totale, ce que l’on entend trop peu, voire pas du tout, dans la gauche patriotique, et bien évidemment a fortiori dans tous les partis mondialistes et immigrationnistes du Système.

    Scipion de SALM

    Source: Rivarol, 19.11.2015, n° 3211, pp. 8 et 9

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    Adieu Bigeard


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    "Adieu ma France... Tu n’es plus celle que j’ai connue, le pays du respect des valeurs, de l’hymne et du drapeau, le pays de la fierté d ’être français. Adieu ma France des trafics en tous genres, du chômage, de l’islamisme, de la polygamie, du laxism e, de la permissivité, de la famille décomposée... Adieu ma France réduite à l’état d’urgence, ma France déconstruite, en guerre avec elle-même. Je veux, néanmoins, demeurer optimiste et croire en ton sursaut. Mais qui te sauvera ?


    (...) Un homme qui saurait se mettre tout entier à son service, sans magouille, sans en retirer pour lui-même le moindre profit, mais qui se donnerait entièrement, et de façon désintéressée, au sauvetage du pays, à la relance de la France."

    Le livre testament du général Bigeard

    Extrait de « Adieu ma France », du général Bigeard, Editions du Rocher Constitution européenne

    Ce texte, j’ai voté contre, parce qu’à mes yeux il ne répond pas à l’attente des citoyens de l’Union européenne. Je revois Chirac et Schröder, se tenant la main, se congratulant d’être les leaders de l’Europe. Or la France et l’Allemagne étaient malades. L’association de deux malades n’a jamais donné la santé !

    Turquie

    Pour moi, la Turquie est le prochain enjeu majeur de l’islamisme. La Turquie est une puissance en partie européenne, qui souhaite s’intégrer très rapidement à la construction politique qui lie vingt cinq États du Vieux Continent.

    La Turquie, le rêve inespéré de tout islamiste. À contaminer de toute urgence ! Les grandes manœuvres ont d’ailleurs déjà commencé. On le sait, le parti au pouvoir à Ankara se définit comme « islamiste modéré ». Je ne vois pas très bien en quoi consiste un islamisme qui serait « modéré », mais enfin passons.

    La Turquie, c’est le cheval de Troie du fondamentalisme pour tenir l’Europe sous sa coupe, pour faire peser sur notre continent une épée de Damoclès tellement efficace que les Européens préféreront une assimilation, lente et sournoise, à un combat qui ne semble plus à leur hauteur. Voilà pourquoi je m’oppose résolument, totalement, absolument à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne et même à l’ouverture de négociations allant dans ce sens.

    Parlons en, des « négociations » !

    J’aimerais que l’on m’explique comment « négocier » avec un pays qui se refuse à reconnaître officiellement l’un des États membres de l’organisation dans laquelle il aspire à entrer. Je veux parler de Chypre, bien évidemment. Comment négocier avec un État qui se refuse tout aussi obstinément à reconnaître ses responsabilités dans le génocide qui décima les Arméniens en 1915 ? Et comment négocier avec un pays qui, le plus officiellement du monde, déclare qu’il entend rejeter l’héritage laïc d’Atatürk, le fondateur de la Turquie moderne, pour lui substituer une constitution fondamentaliste ? Quand on me dit que la Turquie est « mûre » pour rejoindre l’Europe, cela me fait bondir.

    L’Europe, je le crains, paiera très cher son aveuglement. Il est temps, grand temps d’arrêter de jouer avec le feu. Et plus largement, prenons toutes les mesures d’urgence pour arrêter ce cancer de l’islamisme qui gangrène le monde.

    Islamisme

    Oui c’est sérieux ! Très sérieux même, car le voile n’est qu’une étape, la première, pour imposer à la France, comme à tous les pays occidentaux, des conceptions qui sont radicalement étrangères à notre identité, à notre histoire et à notre culture.

    On commence par le voile puis on risque de finir par accepter que certaines femmes adultères soient lapidées. À ce rythme on tolérera un jour la polygamie et, pourquoi pas, l’excision ! Eh bien, je prends le pari qu’en France, d’ici quelques années, les idolâtres du politiquement correct feront passer pour un acte de racisme insupportable le fait de refuser à des musulmans français ou vivant en France de s’adresser à des tribunaux religieux, appliquant un droit à la fois moyenâgeux et inhumain.

    Immigration

    Si un immigré a, bien entendu, des droits, il a aussi des devoirs et l’immigré qui ne veut pas s’intégrer à la culture de son pays d’accueil ne fait que scier la branche sur laquelle, pourtant, il veut s’asseoir. Je reviens sur ma consternation le soir du deuxième tour de l’élection présidentielle de 2002, lorsque j’ai vu une cohorte de jeunes des banlieues, issus de l’immigration maghrébine, brandir et agiter fièrement, place de la République, devant le couple Chirac, des drapeaux algérien et marocain.

    Je reviens sur cet événement car cette image, en quelque sorte, résume tout. L’oubli du patriotisme et la disparition de l’identité française. Le danger que fait peser sur l’avenir de notre pays le refus de s’intégrer de millions d’immigrés, ou de leur progéniture. La perte de prestige moral d’une fonction dont le titulaire devrait pourtant être au dessus de tout soupçon. Et aussi, bien sûr, la confusion des valeurs dans un pays qui va à vau l’eau, que plus rien ne structure de manière cohérente, qui semble ne plus avoir d’avenir en tant que nation.

    Je reviens également sur l’ascendant que prend, chaque jour un peu plus, l’islam dans notre pays, mais surtout l’islamisme. Qui aurait pu prévoir cela dans ma jeunesse ? Qui aurait imaginé le bouleversement de notre nation ? La nation est, pour moi, une idée essentielle, fondatrice dans la vie en commun d’un pays. On bâtit un État à partir d’un sentiment national, partagé par les habitants du pays considéré.

    Terrorisme islamiste

    Arrêtons-nous encore sur le problème du terrorisme islamiste : L’Europe, l’Europe des 25, croit être une forteresse imprenable, tellement bien défendue qu’aucun danger ne peut la menacer. Elle est fière de sa puissance économique, de sa richesse, du niveau de vie de ses habitants, de ses institutions politiques, des démocraties qui fonctionnent plutôt bien, même si évidemment beaucoup de choses sont perfectibles.

    Eh bien l’Europe, ce colosse aux pieds d’argile, ce « tigre de papier » comme diraient les Chinois, se trompe. Elle est en guerre, déjà, mais elle ne veut pas le voir, elle ne veut pas le savoir. Elle se croit protégée, prémunie contre toute attaque et refuse de se confronter à la réalité des faits.

    Or cette réalité, c’est qu’elle est encerclée, infiltrée. Une guerre sournoise de subversion souterraine s’insinue un peu plus chaque jour. Pour ne pas en être conscient, il faudrait être aveugle ou stupide. Faut-il rappeler le nombre de réseaux islamistes qui trouvent en Europe des bases arrière accueillantes et complaisantes ? J’en ai déjà parlé dans certains chapitres précédents. Et si j’aborde à nouveau ce thème en fin de livre, c’est pour bien insister sur l’ampleur de ce danger car j’ai souvent l’impression que les Français ne veulent pas y prêter attention. Un peu la politique de l’autruche : on ne veut pas regarder en face, la menace qui plane.

    Repentance

    La France est la risée du monde entier. Et parmi nos attitudes, pour le moins discutables, parmi les nombreuses « repentances », comme on jargonne aujourd’hui, la plus récente vaut le détour.

    C’était à Madagascar, un pays que je connais bien pour y avoir vécu lorsque je commandais les forces françaises de l’océan Indien. En visite officielle dans ce pays, en juillet 2005, Chirac a présenté les excuses de la France pour la répression musclée de l’insurrection de 1947, répression que je me refuse à qualifier de « massacres ». Cela donnait, dans le texte : « Il faut évoquer les pages sombres de notre histoire commune et avoir conscience du caractère inacceptable des répressions engendrées par les dérives du système colonial. »

    Mais pourquoi aller se coucher comme ça, alors que tout le monde sait qu’il s’agissait d’une autre époque ? Pourquoi éprouver le besoin de se repentir, quand les autres ne le font pas, quand les autres, de plus, ne l’exigent pas et comprennent mieux la situation que nous ne la comprenons nous mêmes ?

    La réponse du président malgache Ravalomanana en est la meilleure preuve : « C’est du passé. Je suis né en 1949, et non en 1947. Je pense à l’avenir. Ce n’est pas une source de blocage pour travailler ensemble. » (...)

    Réagir

    Alors, la France est elle prête à l’affrontement ?

    J’ai bien peur que non. Et cela pour plusieurs raisons. La toute première, c’est que la France n’est plus une société homogène et structurée. Le corps social du pays n’est plus sain. Qu’est ce qu’un corps social sain ? Une population qui sait conserver la mémoire du passé et des combats collectifs qui ont été menés. Ce n’est plus le cas de notre pays. La transmission ne se fait plus et les commémorations les plus solennelles font plutôt rire qu’autre chose.

    Qu’il s’agisse de la fête nationale, le 14 Juillet, ou du souvenir des deux guerres mondiales, le 11 novembre et le 8 mai, de la guerre d’Indochine, ou de celle d’Algérie, de moins en moins de Français se sentent concernés.

    Je souhaite vivre encore dans une société française fière de ses racines et de sa spécificité. Et ce n’est pas une question de couleur de peau. C’est une question d’état d’esprit, d’attitude. Aujourd’hui, défendre l’identité française vous fait souvent suspecter d’être un suppôt du Front national, ce qui n’est absolument pas le cas en ce qui me concerne. J’ai du respect pour un Le Pen, tout comme pour Arlette Laguiller parce que tous deux sont adeptes de ma devise « Être et durer » !

    La seule protection réellement efficace qui vaille, c’est de sortir la France de son inertie, de sa surdité et de son aveuglement.

    Je ne cesse de l’écrire tout au long de ces pages, la France est entrée dans un processus de déliquescence. J’ai l’impression tenace que, si le cours des choses ne change pas radicalement, le pays va à sa perte. Qu’il est en voie de désagrégation et que ce n’est pas son identité seule qui est menacée, mais bel et bien jusqu’à son existence. Et je le répète, sans craindre de lasser le lecteur, la France va traverser une crise très profonde, à la fois politique, économique et surtout, morale.

    C’est donc à un réarmement moral du pays que je veux appeler en rédigeant ces pages, afin de conjurer la menace qui risque de nous engloutir corps et biens. Je pourrais, sur les affaires, rédiger des livres entiers. Mais en résumé, que faut il retenir de ce constat ? Tout simplement que, pour sortir la France de sa torpeur, l’une des toutes premières conditions est de restaurer la morale publique dans le pays.

    Morale publique sans laquelle rien ne peut être fait de durable, car les Français n’ont plus confiance dans les hommes qui les gouvernent actuellement. Ils les prennent pour des margoulins et croient que ces responsables politiques pensent d’abord à eux, avant de se soucier du bien commun et du sort de leurs concitoyens.

    Nos dirigeants doivent être des gens propres, irréprochables, ce ne sera qu’à cette seule condition qu’on pourra au moins les écouter et les prendre au sérieux.

    La démission est allée trop loin, dans tous les domaines, pour que la France n’ait pas besoin d’un choc salvateur, susceptible de lui permettre de retrouver sa vraie vocation.

    « Nous sommes dans la merde, mais ce n’est pas une raison pour la remuer. » [ Marcel Bigeard ]

    Bigeard toujours ... A lire absolument :

    J’ai mal à la France